«Gestation pour autrui» et «mères porteuses»: S’agit-il de synonymes?

Les termes de GPA, gestation pour autrui, mères porteuses, gestatrices ou maternité de substitution font de plus en plus les gros titres en France. Les informations sont parfois confuses et enveloppées de polémique, la terminologie disparate et imprécise emploie souvent des expressions qui sont loin d’être synonymes.

Au delà des personnes qui prennent position pour ou contre cette technique de procréation médicalement assistée, nombreuses sont celles qui ne comprennent pas tout à fait de quoi il s’agit. Nous vous aidons à y voir clair.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Comment dire « gestation pour autrui » ?

La procédure par laquelle une femme décide de porter l’enfant d’une autre personne (femme, homme ou couple) pour lui remettre le bébé après l’accouchement peut être désignée de différentes manières.

Si l’appellation la plus fréquente, celle qui est officiellement reconnue, est celle de gestation pour autrui et son sigle GPA, la société a trouvé différentes formes de se référer à ce processus.

Les plus courantes sont :

  • Gestation pour autrui (GPA)
  • Procréation pour autrui
  • Maternité pour autrui ou pour le compte d’autrui
  • Maternité de substitution
  • Grossesse de substitution
  • Technique des mères porteuses
  • Recours à une mère porteuse
  • Prêt d’utérus
  • Location de ventre
  • Ventre à louer

Pourtant, tous ces termes ne sont pas synonymes. En effet, certains sont chargés de connotations négatives alors que d’autres pèchent par imprécision.

Quelle est la terminologie correcte ?

Toutes les expressions ne jouissent pas de la même popularité. Certaines sont plus fréquentes que d’autres.

De plus, selon le regard porté sur cette pratique, les significations secondes provoquées par l’utilisation de chaque expression sont très différentes et conditionnent la perception du récepteur d’une manière plus ou moins négative.

L’appellation gestation pour autrui (GPA) est la plus fréquente. C’est aussi la plus exacte et la plus neutre, puisque qu’elle décrit en trois mots le processus biologique, la gestation, et ses particulières circonstances (pour autrui, c’est-à-dire pour une tierce personne).

En revanche, le terme location de ventre met l’accent sur la transaction commerciale et manifeste une volonté de discréditer cette pratique en mettant en avant un aspect négatif et faussé.

La notion de location suggère l’usage de quelque chose contre une somme d’argent.

Mais la femme n’est pas un objet que l’on puisse louer, de même que son utérus ou n’importe quelle partie de son corps : elle fait le don volontaire de sa capacité de gestation à des personnes, les futurs parents.

Le terme de location de ventre est adapté aux cas de mauvaises pratiques de la GPA, lorsque les femmes sont exploitées à des fins lucratives et leur corps utilisé comme un simple moyen. Cette situation existe, mais les cas de ce genre, qui suscitent un juste scandale, ont heureusement tendance à diminuer.

Dans le cadre d’une GPA, même commerciale, la rémunération que touche la mère porteuse sert à couvrir les frais de la grossesse et à la dédommager pour les gênes et les risques encourus.

La GPA réalisée dans le cadre d’une législation adaptée, qui défend et respecte les droits de tous les participants, est de plus en plus acceptée par la société, ce qui se reflète dans la terminologie employée pour la désigner.

Si vous avez des doutes sur la manière de procéder pour votre GPA, vous pouvez poser toutes les questions nécessaires à notre assistante virtuelle Lucy, ainsi que visiter notre page d’informations qui vous orientera vers des cliniques, des spécialistes et diverses destinations. C’est par ici : Surrofair.

La mère porteuse est-elle vraiment une mère ?

On a tendance à relier la notion de maternité au fait d’accoucher. C’est pour cela qu’on se réfère souvent à la femme qui porte et qui accouche du bébé d’une autre personne comme à une mère :

  • Mère porteuse
  • Mère de substitution
  • Mère de remplacement
  • Mère subrogée

Pourtant, la gestatrice (l’appellation la plus neutre pour la désigner) n’est à aucun moment considérée comme la mère de l’enfant qu’elle porte. Ainsi, tout concept de mère ou de maternité pour désigner la femme qui mène la grossesse à bien dans le cadre d’une procédure de GPA est erroné.

Parler de maternité pour autrui ou de maternité de substitution n’est pas correct puisque la gestatrice ne remplace pas la mère dans toutes ses attributions, seulement dans sa capacité de gestation.

La mère porteuse sait à tout moment que l’enfant qu’elle porte n’est pas le sien. Sa démarche est d’aider les parents d’intention en leur offrant une capacité dont ils ne disposent pas.

Le concept et la fonction de mère peuvent être interprétés selon différents points de vue :

La génétique
on attribue la maternité à la personne qui partage le même ADN que l’enfant. S’il en était toujours ainsi, il y aurait un conflit dans les cas de traitements de PMA avec don d’ovocytes. La mère serait alors la donneuse.
L’accouchement
mater semper certa est est l’expression latine qui sert encore de référence dans de nombreux systèmes juridiques pour adjuger la maternité à la femme qui met l’enfant au monde. Ce concept est celui que défendent les détracteurs de la gestation pour autrui.
La responsabilité et l’éducation
on adjuge également la maternité à la femme qui couvre les besoins de l’enfant, s’occupe de son éducation et agit comme son représentant légal. C’est la définition prise en compte dans les cas d’adoption et de gestation pour autrui.

Concernant la GPA, la maternité se forge non seulement par la responsabilité assumée sur l’enfant après sa naissance, mais aussi par la volonté manifeste que ce bébé vienne au monde.

Par conséquent, les appellations correctes pour se référer à la femme qui porte l’enfant sont bien celles de gestatrice et de mère porteuse. Cette dernière, la plus populaire, se justifie dans la mesure où le concept de mère est nuancé par l’adjectif qui désigne la gestation.

Comment se référer aux parents par GPA ?

Les parents de l’enfant (père et/ou mère) vont être désignés comme :

  • Parents intentionnels ou d’intention
  • Parents légaux
  • Parents biologiques, génétiques ou géniteurs (seulement s’ils apportent leurs propres gamètes)
  • Parents commanditaires

À partir de l’idée que la parentalité naît de la volonté de faire venir un enfant au monde se crée la notion de parents d’intention. Le terme laisse à entendre que les personnes qui ont désiré la naissance du bébé et sont prêtes à en assumer la responsabilité doivent en être les parents légaux.

Dans les pays qui interdisent la GPA, les parents d’intention ne peuvent pas faire reconnaître leur parentalité légale, même s’ils sont les parents biologiques.

Dans beaucoup de cas de grossesses de substitution, la mère fournit ses ovocytes. Elle devient alors aussi la mère biologique ou génétique.

Le père d’intention fournit le plus souvent son sperme, ce qui lui permet d’obtenir plus facilement la reconnaissance de sa filiation avec l’enfant dans les pays contraires à la GPA. Il sera donc souvent le père biologique ou géniteur.

Parler de parents commanditaires manifeste la volonté de mettre en évidence le caractère commercial de la GPA. L’expression est en général utilisée par les détracteurs de cette technique de PMA, lorsqu’ils veulent dénoncer la marchandisation du bébé vu comme un bien que l’on commande et que l’on paye.

Là encore, c’est oublier que les parents payent pour les frais générés, qui sont nombreux (en particulier s’il faut se rendre à l’étranger), et non pour le bébé.

La société accepte le don d’ovocytes et l’adoption, qui mettent à mal la définition traditionnelle de la mère par l’accouchement.

Pourquoi ne pas accepter la gestation pour autrui comme une autre forme de procréation ?

Vos questions fréquentes (FAQ)

La mère porteuse est-elle toujours considérée comme distincte de la mère ?

Non. Dans les pays qui rejettent (interdiction juridique) ou ignorent (absence de régulation) la GPA, la femme qui accouche est généralement considérée comme la mère.

Dans les pays qui l’autorisent, il arrive que certaines législations donnent à la gestatrice le droit de garder le bébé après l’accouchement. Tant qu’elle ne renonce pas à ses droits, elle reste la mère légale du nouveau-né.

C’est par exemple ce qui se pratique au Royaume-Uni. Vous pouvez en savoir plus en lisant notre article : GPA au Royaume-Uni.

Quelle est la différence entre une « gestation pour autrui » et une « procréation pour autrui » ?

En français, une distinction se fait parfois entre la gestation pour autrui et la procréation pour autrui. Lorsque ces deux termes sont opposés, il s’agit en fait de la différence entre GPA complète ou totale et GPA partielle ou traditionnelle.

Autrement dit, en gestation pour autrui, les ovocytes ne sont pas ceux de la mère porteuse (qu’ils proviennent de la mère d’intention ou d’une donneuse) alors qu’en procréation pour autrui, la mère porteuse fournit en plus ses ovocytes, c’est-à-dire, son patrimoine génétique.

Cette seconde modalité est de moins en moins préférée par les pays qui autorisent la GPA, en dépit de sa plus grande simplicité technique. Nous vous proposons plus d’explications sur ces deux modalité de GPA dans notre article : Types de GPA.

Qu’est-ce qu’une « mère subrogée » ?

Selon le dictionnaire Larousse, subroger signifie :

Substituer une personne à une autre ou une chose à une autre en lui conférant le même régime juridique.

Le terme appartient au domaine juridique et a une acception large. Parler de mère subrogée est incorrect car, de nouveau, il ne s’agit pas de substituer la mère.

Est-ce la même chose de parler de « gestatrice » et de « mère porteuse » ?

En théorie, la gestatrice est la mère considérée uniquement dans sa fonction de gestation, de même que la mère porteuse. Cependant, dans la pratique, ces deux termes, en particulier le deuxième, sont étroitement associés à la pratique de la GPA. Ils sont donc synonymes dans ce contexte.

Est-ce que l’on comprend la même chose lorsqu’on parle de « mère porteuse » et de « GPA  »?

La mère porteuse est la femme qui porte l’enfant. Il faut alors parler du recours à une mère porteuse ou de la technique des mères porteuses si l’on veut se référer à la GPA en tant que procédure.

La rédaction vous recommande

Dans cet article, nous vous donnons un aperçu de différentes manière de se référer à la gestation pour autrui. Cependant, savez-vous vraiment en quoi consiste cette technique ? Si vous avez des doutes, suivez le lien : Gestation pour autrui ou GPA : définition et modalités.

La mère porteuse n’est pas la mère de l’enfant, mais c’est une personne fondamentale du processus. Si vous souhaitez en savoir plus sur elle, ses motivations, les conditions qu’elle doit remplir, lisez notre article : Mère porteuse.

Il n’existe pas encore de consensus dans la société au sujet de la GPA. Vous voulez connaître les opinions de ses défenseurs et celles de ses détracteurs ? Cliquez ici : Opinions pour et contre la gestation de substitution.

En cas de doutes ou si vous avez des questions, même d’ordre général, n’hésitez pas à participer à notre forum : Forum de gestation pour autrui.

2 commentaires

  1. avatar
    jenny417

    C’est clair que le lien biologique n’est pas tout ! J’ai une excellente relation avec ma belle famille, au point de me sentir plus à l’aise chez eux que chez mes parents alors qu’avec ma mère ça a toujours été la guerre…

  2. avatar
    Julie Desnoyers

    Je crois que « gestation pour autrui », c’est une jolie expression. Au début, je ne la connaissais pas, je lisais parfois GPA dans les journaux sans trop comprendre de quoi il retournait. Et puis finalement, je trouve que ça exprime exactement ce que c’est : le « pour autrui », c’est le don de soi, le servie rendu à l’autre. Et « gestation », eh bien, c’est la grossesse.

    J’ai quand même une critique : je trouve qu’après être passée par une grossesse et un accouchement, la mère porteuse est bien un peu maman, elle aussi. Je ne sais pas comment ça se passe dans la pratique, mais je crois qu’elle devrait recevoir des nouvelles de l’enfant, comment il grandit, s’il est heureux, tout ça. Si j’étais mère porteuse, j’aimerais bien savoir. 🙂

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