Contrôle médical en GPA: bilan préalable et calendrier de grossesse

Dans le cadre d’une gestation pour autrui (GPA), la mère porteuse doit passer un test psychologique ainsi qu’une série de contrôles médicaux et génétiques habituels pour toute femme enceinte. Après la confirmation du test de grossesse positif, il est recommandé qu’elle suive un calendrier mois par mois d’examens obligatoires ou recommandés par le gynécologue.

Le but est de prévenir les problèmes de santé ainsi que les complications fœtales et périnatales pour le nouveau-né. Ce sont les parents d’intention qui prennent en charge les frais de la grossesse.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Bilan avant la grossesse

Connaître les motivations de la femme qui s’offre à prêter son utérus est primordial. Dans le processus de sélection de la mère porteuse (parfois désignée aussi comme mère de substitution ou de remplacement, bien qu’il ne s’agisse pas pour elle de jouer le rôle d’une mère), on considère des paramètres fondamentaux pour sa santé :

  • Son style de vie
  • Son dossier médical gynécologique
  • Ses antécédents familiaux
  • Son équilibre mental et émotionnel

L’une des conditions indispensables pour que la gestation ne suppose un risque ni pour la gestatrice ni pour le futur bébé est que celle-ci se trouve dans les meilleures conditions de santé possibles au moment du transfert embryonnaire.

C’est pour cette raison qu’un rigoureux examen physique sera réalisé au préalable pour écarter les maladies graves ou les problèmes associés qui pourraient mettre la grossesse en danger. Un test psychologique sera indispensable pour s’assurer que la femme comprend les conséquences médicales et émotionnelles de son acte.

Dans la gestation pour autrui totale ou complète, le traitement de fécondation in vitro (FIV) implique de ne pas utiliser les ovules de la mère porteuse gestationnelle. On utilise ceux de la mère intentionnelle ou, à défaut, d’une donneuse d’ovocytes.

La date de la fécondation est donc connue et on pourra établir le calendrier de grossesse en comptant les semaines de grossesse (SG) jusqu’à la date prévue de l’accouchement (DPA), contrairement à une grossesse naturelle qui prend en compte les semaine d’aménorrhée (SA), c’est-à-dire depuis le dernier jour des dernières règles.

Il faudra patienter de 13 à 14 jours après le début du traitement de progestérone avant d’effectuer les premiers tests de grossesse.

Il ne convient pas de les réaliser trop tôt car, avant ce délai, l’activité embryonnaire ne produit pas encore suffisamment d’hormone beta HCG (hormone chorionique gonadotrope), qui est le marqueur de la grossesse. Un faux négatif pourrait se produire.

L’analyse du taux de HCG dans le sang réalisée en laboratoire est plus fiable que le test urinaire : des concentrations plus faibles sont décelables, à partir de 10 mUI/ml. La date de la première échographie sera généralement à la fin du premier trimestre, au cours de la 12ème semaine.

Calendrier de grossesse en semaines

Lors du premier rendez-vous médical, après la confirmation du résultat positif du transfert embryonnaire, la mère porteuse enceinte prend rendez-vous avec le gynécologue pour qu’il contrôle son poids, son cœur et sa tension artérielle. De plus, il réalise un examen gynécologique ainsi qu’une échographie pour déterminer l’aspect de l’embryon et sa fréquence cardiaque.

Cet examen a normalement lieu entre la 2ème et la 3ème semaine post-transfert. C’est là que la mère porteuse reçoit les recommandations concernant la grossesse : alimentation, exercice physique, hygiène, relations sexuelles, etc. Ces recommandations sont les mêmes que pour toutes les grossesses.

Les parents d’intention sont parfois inquiets de savoir si la gestatrice respecte scrupuleusement les recommandations du gynécologue. Le suivi quotidien sera facilité s’ils entretiennent une relation avec la mère porteuse.

Pour plus d’informations à ce sujet, nous vous conseillons la lecture de l’article: Relation avec la mère porteuse.

À partir de ce moment, le suivi médical de la gestatrice suit un calendrier mois par mois. On réalisera une échographie ou ultrasons de routine pour chaque trimestre de grossesse, concrètement autour des semaines 12, 20 et 36. Des échographies additionnelles peuvent être sollicitées selon les besoins. Certains tests sont essentiels pour détecter à temps tout type de maladies.

Le deuxième examen médical se pratique généralement quand la femme enceinte entame son deuxième semestre, entre les semaines 11 et 13 de grossesse. On évalue par échographie la taille du fœtus, on mesure la clarté nucale et on exclut les possibles malformations. Il est aussi courant de faire une prise de sang pour une analyse de diagnostic prénatal (DPN).

Autour de la 16ème et 17ème semaine on répète les tests de routine :

  • Gonflement des pieds et mains
  • Mesure de la hauteur utérine
  • Contrôle du poids
  • Tension artérielle
  • Battements de cœur du bébé
  • Echographie
  • Palpation abdominale pour déterminer la position et les mouvements du fœtus

Au cinquième mois, on mesure le bébé et on examine ses organes et ses extrémités pour détecter d’éventuelles malformations.

Lorsque la femme est enceinte de 6 mois, la deuxième analyse de routine inclut une glycémie à jeun (s’il ya présence de facteurs de risque majeur) pour dépister le diabète gestationnel.

Tests génétiques: techniques invasives et non-invasives

Dès les premières semaines de la grossesse, une série de tests génétiques permet de détecter in utero des affections graves. Ces tests emploient des techniques invasives ou non-invasives, selon qu’elles pénètrent ou non dans le corps.

L’amniocentèse et la choriocentèse permettent le diagnostic d’anomalies des chromosomes et de défauts congénitaux. On peut diagnostiquer, par exemple, la trisomie 21.

  • Amniocentèse : on extrait, entre la 16ème et la 20ème semaine, un échantillon de liquide amniotique pour l’analyser.
  • Choriocentèse ou biopsie du trophoblaste, aussi connu comme CVS (prélèvements des villosités choriales) : on prélève, entre la 10ème et la 12ème semaine, un fragment de tissu trophoblastique (la couche cellulaire qui entoure l’embryon).

En revanche, le dépistage prénatal non-invasif (DPNI) permet d’analyser l’ADN du fœtus présent dans le sang de la gestatrice à partir d’une simple prise de sang. Il peut être pratiqué à partir de la 10e semaine de grossesse.

Plus complet, le Triple Screening, triple dépistage ou test des marqueurs sériques est une combinaison de tests non-invasifs réalisable au premier ou au second trimestre. À partir de l’analyse biochimique des hormones présentes dans le sang de la mère porteuse, il évalue le risque de malformations ou d’anomalies génétiques déterminées, parmi lesquelles la trisomie 21 ou syndrome de Down. Il n’établit pas de diagnostic mais évalue l’existence d’un risque majeur.

Examens en cas de grossesse gémellaire

La FIV augmente le risque de grossesse multiple quand, pour améliorer les chance de succès, on transfert plus d’un embryon dans l’utérus. Bien que pour beaucoup de parents d’intention cela ne soit pas perçu comme un problème, sur le plan médical être enceinte de jumeaux peut s’accompagner d’une série de complications.

L’amniocentèse et la biopsie du trophoblaste sont des techniques invasives encore plus délicates à réaliser lorsque la gestatrice attend plus d’un enfant. Il faudra prélever les échantillons respectifs de chaque bébé sans les confondre. En présence de triplés (ou d’encore plus de bébés), c’est n’est pas toujours possible.

De plus, le risque lié à ces examens augmente en cas de grossesse multiple. Le taux d’avortement spontané (fausse couche) se voit multiplié par cinq après une amniocentèse et par quatre après une biopsie du trophoblaste.

En réalisant un diagnostic préimplantatoire (DPI), il est possible de prélever sur les embryons une ou plusieurs cellules afin d’analyser leur matériel génétique. On peut alors exclure ceux qui présentent des altérations chromosomiques et augmenter les possibilités de transférer un embryon approprié.

Grâce à ce procédé, le transfert d’un seul embryon est de plus en plus conseillé pour éviter les grossesses gémellaires sans réduire pour autant les chances de succès.

Le troisième trimestre

Si tous les tests sont corrects et que la grossesse se déroule comme prévu, la visite suivante a lieu entre les semaines 35 et 38. C’est le moment de pratiquer une culture à partir d’un prélèvement vaginal et rectal, dans le but d’identifier la présence éventuelle d’un Streptoccocus agalactiae, un streptocoque du groupe B qui peut produire une infection sévère chez le nouveau-né. Un résultat positif entraînera la prescription d’un traitement antibiotique à la mère porteuse.

Si le placenta est installé bas, au niveau du col de l’utérus (placenta prævia), une échographie supplémentaire vérifiera s’il ne se produit pas une obstruction. La position du bébé est à nouveau évaluée.

La date de l’accouchement correspond en principe à 39 semaines de gestation. Cependant, certaines grossesses se prolongent. Dans ces cas-là, au cours des semaines 40 et 41 on examine le rythme cardiaque du fœtus et les contractions de l’utérus. S’y ajoutent parfois un contrôle des mouvements et du tonus musculaire du bébé, ainsi que de la quantité de liquide amniotique.

Durant la 42ème semaine, l’accouchement est provoqué s’il ne s’est toujours pas déclenché naturellement.

Pendant le troisième trimestre, le poids du fœtus suppose un surpoids plus conséquent. Le corps change et le centre de gravité se modifie. Cela n’empêchera pas la mère porteuse de pratiquer une activité physique minimale jusqu’au bout.

Réaliser des exercices de maintien postural et des exercices de respiration aide à préparer le corps à l’accouchement et de l’aider à récupérer par la suite. Marcher tous les jours contribue à se sentir mieux, de même que la pratique d’activités adaptées comme les exercices de yoga pour femmes enceintes.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Une femme porteuse du VIH peut-elle louer son ventre ?

Dans le processus de gestation pour autrui, une femme porteuse du VIH ne sera pas sélectionnée car elle ne présente pas les meilleures conditions sanitaires possibles. En effet, une femme séropositive peut transmettre le virus au bébé à n’importe quel moment de la grossesse, avec un risque accru lors de l’accouchement.

Si une femme qui a le sida décide de tomber enceinte pour son propre compte, elle recevra des médicaments pendant l’accouchement pour réduire le risque de transmission mère-enfant

Y a-t-il un examen spécial pour les mères porteuses en fin de grossesse ?

Au cours de la semaine 33 ou 34, les dernières analyses de sang mesurent les taux d’hémoglobine, de globules rouges et de fer. On vérifie la coagulation sanguine et on recommence les tests d’hépatite B et C, de toxoplasmose, VIH et maladies sexuellement transmissibles (MST).

La culture de prélèvement vaginal, entre les semaines 35 et 38, permet la détection de la bactérie Streptoccocus agalactiae (streptocoque B). Si le résultat est positif, la gestatrice reçoit des antibiotiques.

À l’approche de la date de la naissance, le monitorage périodique du fœtus comptabilise les battements cardiaques du bébé et détecte les contractions de la mère porteuse.

Quelles sont les conséquences pour le bébé si la mère porteuse contracte la toxoplasmose ?

La toxoplasmose est une infection parasitaire légère pour les adultes en bonne santé. Le problème est que le parasite peut atteindre le placenta ou le fœtus. Un bébé qui a vu le jour avec une toxoplasmose congénitale peut souffrir de problèmes structuraux et neurologiques. Dans les cas les plus graves, il peut mourir avant de naître.

Les tests génétiques sont-ils obligatoires pour les mères porteuses ?

Dans le cadre de la FIV, un DPI (diagnostic préimplantatoire) est conseillé dans le but d’écarter les embryons présentant des altérations chromosomiques.

Pendant la grossesse, les tests invasifs comme l’amniocentèse et la choriocentèse donnent des diagnostics fiables, mais ne sont jamais exempts de risques. C’est pour cette raison que les tests génétiques ne sont pas obligatoires pour les femmes enceintes avec des facteurs de risque bas.

Les critères de sélection des candidates des candidates à mère porteuse (âge, état de santé, habitudes, expérience de grossesse préalable…) servent précisément à éliminer le plus possible de facteurs de risque.

C’est le gynécologue qui jugera des tests nécessaires à chaque situation. Il peut être intéressant de parvenir à un accord préalable entre parents intentionnels et mère porteuse et de stipuler dans le contrat de GPA les examens médicaux auxquels la mère porteuse devra obligatoirement se soumettre et ceux qui seront facultatifs.

2 commentaires

  1. avatar
    ririmalinette

    Bonjour, j’ai entendu parler de la méthode FISH. Peut-on l’utiliser en GPA?

    • avatar
      Isabelle GuttonSpécialiste en gestation pour autrui

      Bonjour,

      La méthode FISH (de l’anglais Fluorescent In Situ Hybridization) sert à dépister certaines anomalies chromosomiques, comme les trisomies 21, 13 et 18 et les anomalies du nombre de chromosomes sexuels. Le dépistage s’effectue directement à partir des cellules contenues dans le liquide amniotique, sans obligation de culture cellulaire. Son principal avantage par rapport à l’amniocentèse est la rapidité des résultats (environ 2 jours contre 2 à 3 semaines), mais elle ne couvre pas un éventail aussi large.

      Elle peut bien entendu être utilisée dans le cadre d’une gestation pour autrui, mais n’est pas obligatoire. Il peut être intéressant que le contrat de GPA mentionne au préalable les examens obligatoires et les examens facultatifs pour le suivi médical de la mère porteuse.

      J’espère vous avoir aporté les informations qui vous cherchiez.