Pour pouvoir être considéré comme un processus de gestation pour autrui, il est nécessaire qu’intervienne une femme en bonne santé qui se chargera de porter l’enfant.

Mais outre la participation de la mère porteuse, il peut aussi être nécessaire de faire appel à un don de gamètes, c’est-à-dire à un don d’ovocytes, de spermatozoïdes ou à un don d’embryons.

Quand a-t-on besoin d’un don ?

Lors d’une gestation pour autrui, plusieurs raisons peuvent pousser les futurs parents à avoir recours à un don.

Don de sperme

Cela consiste à utiliser l’échantillon de sperme d’un donneur jeune et en bonne santé. Dans ce cas, les techniques de procréation médicalement assistée réalisables sont: l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, que ce soit une FIV conventionnelle ou ICSI.

Bien que de moins en moins souvent, il est possible dans ce cas de réaliser la gestation pour autrui traditionnelle ou incomplète, dans laquelle la mère porteuse se soumet à une insémination artificielle et apporte elle-même son matériel génétique, ce qui augmente les liens entre elle et le bébé.

Un donneur de sperme est nécessaire dans les cas suivants :

  • Femme seule.
  • Couple lesbien.
  • Problème pour utiliser le sperme du futur père, soit en raison d’absence de spermatozoïdes ou en raison d’un risque de transmission d’une maladie héréditaire non détectable lors du Diagnostic préimplantatoire (DPI).

Don d’ovocytes

On utilise dans ce cas les ovocytes d’une femme jeune et en bonne santé. La qualité des ovocytes diminue considérablement avec l’âge, c’est pourquoi il est indispensable que la donneuse soit jeune, moins de 30 ans de préférence.

En ayant recours au don d’ovocytes, la seule technique réalisable est la fécondation in vitro, il s’agit alors d’une gestation pour autrui complète. La donneuse d’ovocytes est une femme différente à la mère porteuse, il n’existe donc pas de lien génétique entre cette dernière et le bébé.

Un don d’ovocytes est nécessaire dans les cas suivants :

  • Homme seul.
  • Couple gay.
  • Couple hétérosexuel ne pouvant pas utiliser les ovocytes de la femme, soit en raison de son âge, soit en raison d’un risque de transmission de maladies héréditaires indétectables au DPI.

Double don

Il est parfois nécessaire d’utiliser un don à la fois d’ovocytes et de sperme. Les gamètes des donneurs seront donc utilisés lors d’une fécondation in vitro et les embryons générés seront transférés à la mère porteuse.

Don d’embryons

Dans certains pays, le don d’embryons est autorisé. Il s’agit d’embryons donnés par d’autres couples ayant préalablement réalisé un traitement d’infertilité et qui ont été cryoconservés.

Ces embryons peuvent être dévitrifiés et être transférés à la mère porteuse.

Sélection des donneurs dans chaque pays

Chaque pays envisage le don d’une manière différente, c’est pourquoi avant de recourir à un donneur de gamètes, il est essentiel de consulter la législation du pays sur le don de gamètes afin de savoir comment procéder.

Dans certains pays tels que l’Espagne par exemple, le don est complètement anonyme, les donneurs ne savent pas qui utilise leurs gamètes et les patients ne connaissent rien du donneur, mis à part ses caractéristiques physiques les plus importantes. Tout le processus de don est réalisé à travers la clinique de procréation médicalement assistée.

Dans d’autres endroits, les donneurs ne sont pas anonymes. Tout dépendra de la relation que les futurs parents et la donneuse veulent avoir. Ils peuvent avoir un contact direct et même la rencontrer personnellement, ou simplement connaître son identité. Certains pays comme les États-Unis, autorisent que les donneurs de gamètes soient des proches des futurs parents.

3 commentaires

  1. avatar
    Jeremy

    On est un couple gay et on voudrait essayer d’avoir un enfant à nous, enfin en enfant qui aura au moins les gènes d’un de nous deux. Nous avons une amie proche qui s’est proposée d’être notre mère porteuse ou, à défaut, notre donneuse d’ovocytes. Est-ce que vous penser que c’est possible ou la donneuse doit obligatoirement être anonyme? Merci.

  2. avatar
    Odelia.t

    Bonjour, je pense à me diriger vers une GPA au Canada, cela me semblant un bon compromis par rapport aux US mais il y a quelque chose qui me bloque et pour l’instant je n’ai pas réussi à trouver de réponses : je suis une femme célibataire, je n’ai plus d’ovocytes donc besoin de faire appel à une donneuse et comme je n’ai pas de conjoint je dois aussi faire appel à un donneur de sperme. Or j’ai vu qu’après la naissance de l’enfant, pour établir les papiers genre passeport là-bas, un test ADN est demandé. Quel serait donc mon statut ? Mon nom sera-t-il malgré tout marqué sur les papiers de l’enfant comme étant sa mère ou pas ? Le lien de filiation sera-t-il reconnu au niveau de l’acte de naissance ? (je parle évidemment du côté canadien pas du côté français). Merci d’avance pour votre aide.

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      Isabelle GuttonSpécialiste en gestation pour autrui

      Bonjour Odelia.t,

      Le Canada permet aux femmes seules de bénéficier d’une GPA et autorise également le don de gamètes. En principe, il ne devrait pas y avoir de problème du côté canadien car la filiation y est établie par un tribunal (sauf au Québec). Cependant, du côté français, en tant que femme célibataire (avec ou sans don d’ovocytes), vous n’avez absolument aucun recours pour que l’enfant soit reconnu comme le vôtre. En effet, en droit français, c’est toujours la femme qui accouche qui est considérée comme la mère. À moins que vous ne restiez vivre au Canada, je regrette de vous dire que votre projet parental risque de ne pas pouvoir se concrétiser.

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