Comment savoir si je suis stérile? Le bilan de fertilité chez l’homme détaillé.

Par (embryologiste), (gynécologue) et (babygest staff).
Dernière actualisation: 05/07/2019

Après un an de relations sexuelles non protégés sans parvenir à une grossesse, il est probable qu'il y ait un problème de fertilité, soit chez l'homme, soit chez la femme, soit chez les deux. Pour le savoir, il est nécessaire de faire une série de tests chez l'un comme chez l'autre. Pour les hommes, il s'agit du spermogramme, de l'examen physique et du test hormonal.

En plus de ces études de base sur la fertilité masculine, il en existe d'autres plus spécifiques. Dans cet article nous aborderons tous les tests que passent les hommes qui veulent être pères et qui n'y parviennent pas naturellement.

Examen physique des parties génitales

Une des premières étapes en cas de suspicion d'infertilité masculine est de faire une anamnèse du patient. Il s'agit d'un entretien avec le spécialiste afin qu'il puisse analyser l'état de santé général de l'homme, ses antécédents, la qualité des relations sexuelles, etc.

Ensuite, l'appareil reproducteur masculin est analysé afin d'étudier la présence de toute anomalie physique qui pourrait empêcher la conception.

Généralement, le spécialiste (un urologue) procède de la manière suivante :

  • Mensuration du poids et de la taille de l'homme
  • Examen et palpation de l'abdomen, de l'aine, du pénis, des testicules et de la prostate. Dans le cas des testicules, des aspects tels que leur volume ou leur consistance seront soigneusement étudiés.
  • Échographie de la région génitale (pas toujours faite)

Le but de cette étude est de découvrir s'il y a un problème dans l'anatomie des organes génitaux qui empêche le sperme de se déposer dans le vagin. De plus, la palpation testiculaire peut amener le spécialiste à soupçonner une anomalie dans la spermatogenèse (production de spermatozoïdes) ou une altération qui empêche les spermatozoïdes de sortir lors de l'éjaculation.

En tout état de cause, pour confirmer cette dernière, il sera nécessaire d'effectuer d'autres examens tels que ceux décrits ci-dessous.

Le spermogramme

Après avoir vérifié qu'il n'y a pas de problèmes anatomiques qui entravent les rapports sexuels, un spermogramme, également appelé séminogramme, est effectué.

Il s'agit d'une analyse détaillée d'un échantillon de sperme obtenu par masturbation après une période d'abstinence de 3 à 5 jours. Dans cet examen du sperme, l'échantillon est analysé à l'œil nu et au microscope. On étudie différents paramètres de qualité séminale, ce qui permet de connaître la capacité de fécondation des spermatozoïdes.

En général, on analyse les aspects suivants :

  • Le volume de sperme éjaculé
  • La viscosité
  • Le pH
  • La mobilité des spermatozoïdes
  • La morphologie des spermatozoïdes
  • La concentration spermatique
  • La présence de cellules étrangères
  • La vitalité des spermatozoïdes

Sur la base des résultats obtenus et de leur comparaison avec les valeurs de référence établies par l'OMS, on pourra déterminer la qualité du sperme analysé.

En cas de détection d'une anomalie, il convient de diagnostiquer la pathologie correspondante. Les plus courantes sont :

  • Azoospermie : quand aucun spermatozoïde n'est observé dans l'éjaculat analysé.
  • Asthenospermie ou asthénozoospermie : lorsque les spermatozoïdes ont des problèmes de mobilité.
  • Oligospermie ou oligozoospermie : lorsque la concentration de spermatozoïdes est faible (moins de 15 millions de spermatozoïdes/ml).
  • Tératospermie ou tératozoospermie : lorsque plus de 96% des spermatozoïdes ont une morphologie anormale.

Avant de commencer un traitement de fertilité, il est nécessaire d’avoir confiance en la qualité et le professionnalisme de la clinique que vous choisissez. Comme elles ne sont pas toutes similaires, le Rapport sur la fertilité vous aide à sélectionner les cliniques qui remplissent nos critères de qualité. Vous obtiendrez également une comparaison de prix et de conditions de chaque centre afin que votre prise de décision soit plus facile.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur cet examen, nous vous conseillons de lire l'article suivant: Le spermogramme: résultat et interprétation.

L'analyse hormonale chez l'homme

La production de spermatozoïdes a lieu dans le testicule grâce à l'action des hormones sexuelles telles que la testostérone, la FSH (hormone folliculostimulante), la LH (hormone lutéinisante) ou la prolactine.

Une altération du système hormonal peut entraver ou empêcher la spermatogenèse et, par conséquent, entraîner une mauvaise qualité du sperme et par conséquent, l'infertilité.

Les hormones analysées sont les suivantes:

La testostérone

Les valeurs normales de l'hormone testostérone à l'âge adulte se situent entre 300 et 1000 ng/dl. Une altération du taux de testostérone, synthétisée principalement dans le testicule, peut causer des problèmes :

  • Taux faibles : cela peut être le signe d'une puberté retardée, d'une tumeur bénigne de l'hypophyse, d'un traumatisme testiculaire, d'une infection, de modifications immunitaires...
  • Taux élevés : liés au cancer des testicules, à l'hyperplasie congénitale des surrénales, à la résistance aux androgènes, à la consommation de drogue ou de certains médicaments....

Si les valeurs de testostérone conduisent à soupçonner une anomalie, il faut également procéder à des analyses de la FSH (hormone folliculostimulante) et de la LH (hormone lutéinisante).

FSH et LH

La LH comme la FSH sont synthétisées et libérées par l'hypophyse cérébrale.

  • La FSH stimule l'action des cellules de Sertoli, ce qui favorise la synthèse de la testostérone et la production de sperme. Ses valeurs normales se situent entre 1 et 12 mUI/mL.
  • De son côté, la LH stimule l'action des cellules de Leydig, liées à la production de testostérone. Ses niveaux se situent entre 2 et 12 mUI/mL.

La prolactine

Enfin, la prolactine, liée à l'activité de l'hormone LH et à la synthèse de testostérone, devrait se situer entre 2,5 et 17 ng/mL.

Des valeurs plus élevées sont associées à de faibles taux de testostérone, à l'impuissance masculine, à la gynécomastie, à l'infertilité, à l'hypothyroïdie et à la possibilité de tumeur pituitaire.

Les examens complémentaires

L'étude du sperme, des organes génitaux et l'analyse des hormones sont les tests de base qui sont effectués pour déterminer l'état de fertilité de l'homme et tenter de découvrir les causes pour lesquelles une grossesse ne se produit pas.

Lorsque ces tests ne permettent pas de diagnostiquer la cause de l'infertilité ou lorsqu'il est nécessaire de confirmer le diagnostic obtenu, on pourra demander les tests qui suivent.

Étude de la fragmentation de l'ADN

L'un des tests de fragmentation consiste à distinguer la présence de spermatozoïdes avec halo (normal) de ceux sans halo (fragmenté). En plaçant les spermatozoïdes dans un milieu acide, on brise la structure du brin d'ADN et un halo apparaît autour de la tête du spermatozoïde. Si le brin d'ADN est fragmenté, le milieu acide ne provoque pas son déroulement et donc on ne peut pas voir le halo.

Lorsque le degré de dégradation de l'ADN est élevé, la capacité des spermatozoïdes à féconder peut être diminuée. De plus, des altérations de l'ADN des spermatozoïdes peuvent également provoquer des échecs de développement embryonnaire précoces.

Étude du caryotype

C'est l'analyse du caryotype, qui est l'ensemble des chromosomes d'une cellule. Elle permet de découvrir l'existence d'anomalies génétiques pouvant être à l'origine de l'infertilité.

Spermoculture

Aussi connue sous le nom de culture de sperme, il s'agit d'une étude bactériologique. Elle est généralement demandée lorsque, dans le spermogramme, on observe une concentration de leucocytes supérieure à 1 million/ml de sperme. C'est habituellement une indication d'infection et, par conséquent, la culture est très utile, car elle peut nous aider à déterminer quel est l'agent infectieux.

La douleur testiculaire, l'inflammation des testicules, l'apparition de sang dans le sperme ou tout changement de couleur ou d'odeur du sperme sont également des signes de culture séminale.

Biopsie testiculaire

Elle consiste à obtenir, par voie chirurgicale, une petite fraction du testicule puis à l'analyser en laboratoire à la recherche de spermatozoïdes viables. Il s'agit donc d'obtenir le sperme directement du testicule.

Ce test est utile dans les cas d'azoospermie, car il permet de distinguer s'il s'agit d'un problème de production de sperme (azoospermie sécrétoire) ou de blocage de leur passage (azoospermie obstructive).

D'autre part, en plus d'un test diagnostique, c'est aussi un traitement pour obtenir une grossesse car, en cas de spermatozoïdes viables, il permet de réaliser la technique ICSI (injection intracytoplasmique du sperme).

Si ce sujet vous intéresse, n'hésitez pas à lire notre article à ce sujet: Biopsie testiculaire: indications, procédure et objectif.

Le test hyposmotique (HOS)

Pour que le spermatozoïde puisse pénétrer dans l'ovule et permettre la fécondation, il est nécessaire que sa membrane ne soit pas endommagée et fonctionne correctement. Pour vérifier cela, il est possible d'effectuer le test hyposmotique.

Il consiste à placer les spermatozoïdes dans un milieu peu salin (milieu hypotonique), de telle sorte que, si la membrane est intacte, le milieu passe dans les spermatozoïdes par osmolarité et ceux-ci gonflent au niveau de la queue.

Vos questions fréquentes

Quelles sont les valeurs considérées comme normales dans un rapport d'analyse de sperme?

Par Dr. Joel G. Brasch (gynécologue).

Concentration > 15million/ml
Motilité > 40%
Morphologie > 4%
Vol > 1.5ml

Existe-t-il des symptômes qui pourraient me dire si je suis stérile ou non ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

En général, la plupart des troubles de la fertilité masculine n'entraînent pas de symptômes spécifiques. Toutefois, certains d'entre eux peuvent entraîner une inflammation et une rougeur de la région génitale, des changements de couleur, d'odeur ou de consistance du sperme, ou des douleurs.

Par exemple, un homme peut ne présenter aucun symptôme d'azoospermie et ne découvrir cette pathologie séminale qu'en effectuant le spermogramme. Au contraire, un déséquilibre hormonal peut provoquer, par exemple, des sautes d'humeur, une perte de libido ou d'autres symptômes qui peuvent alerter le patient.

Peut-on réaliser des tests de fertilité masculine soi-même ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Il existe des tests à domicile qui peuvent être achetés à la pharmacie et qui vous permettent de mesurer certains paramètres de la qualité du sperme comme la concentration. Beaucoup de gens les connaissent comme des prédicteurs masculins.

En tout état de cause, ces tests de fertilité ne mesurent qu'un ou deux paramètres séminaux et ne sont pas très fiables. Pour cette raison, il est toujours recommandé que le spermogramme complet soit effectué dans un centre spécialisé.

La rédaction vous recommande

Dans l'article, nous avons évoqué les principales altérations séminales que l'on peut découvrir par le biais du spermogramme. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la qualité du sperme, n'hésitez pas à lire notre article: La qualité du sperme: comment la mesurer et que faire pour l’améliorer?

Notre équipe réalise un effort éditorial important, en partageant cet article, vous nous aidez et nous motivez à continuer notre travail.

Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitaire en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. En savoir plus sur Andrea Rodrigo
Dr. Joel G. Brasch
Dr. Joel G. Brasch
Gynécologue
Le Dr Joel Brasch est le directeur médical de Chicago IVF. Il est certifié par l'American Board of Obstetrics and Gynecology, et possède plus de 25 ans d'expérience directe dans le traitement de la fertilité et les soins de la reproduction. Il est également directeur de la Division d'endocrinologie de la reproduction et de l'infertilité au Mount Sinai Medical Center. En savoir plus sur Dr. Joel G. Brasch
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
Babygest Staff
Directrice éditoriale de la revue Babygest en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

Toutes les nouveautés sur la procréation médicalement assistée sur nos réseaux.