Que sont les échecs de FIV à répétition? – Causes et solutions

Par (embryologiste) et (babygest staff).
Dernière actualisation: 11/01/2018

Un test de grossesse négatif après plusieurs transferts embryonnaires et différentes tentatives de fécondation in vitro (FIV) peut provoquer un sentiment de frustration chez les femmes qui veulent tomber enceintes depuis longtemps.

Lorsque les traitements de procréation médicalement assistée ne donnent pas les résultats attendus après plusieurs essais, les options se réduisent et la perspective d’avoir un enfant s’éloigne de plus en plus.

Cette situation est souvent le motif qui amène un couple à recourir à la gestation pour autrui comme option de la dernière chance pour devenir enfin parents.

Problèmes de fertilité et PMA

Lorsqu’un couple se décide à avoir des enfants, il commence par tenter l’aventure de manière naturelle.

Au cas où, après un an de relations sexuelles en l’absence de toute contraception, aucune grossesse ne se produit, il est recommandé de faire un bilan de fertilité auprès d’un spécialiste.

Selon le diagnostic établi, différents traitements de procréation médicalement assistée (PMA) peuvent être indiqués, en fonction des causes de l’infertilité :

En plus de ces deux techniques de base, il en existe d’autres, complémentaires, qui permettent d’augmenter les chances de réussite et d’arriver à tomber enceinte. C’est le cas, par exemple, du :

Si, malgré ces techniques de PMA et après plusieurs essais, aucune grossesse ne s’annonce, la gestation pour autrui ou GPA peut s’avérer la solution définitive pour avoir enfin un enfant.

Causes de l’échec de la FIV

Parfois, il est impossible de déterminer avec exactitude les motifs qui empêchent une femme de tomber enceinte après plusieurs traitements de fertilité. Le cumul d’échecs, surtout lorsqu’il s’agit d’une FIV, affecte beaucoup les patients, à la fois au niveau physique et au niveau émotionnel.

Le nombre de tentatives à réaliser pour chaque traitement n’est pas fixe. Il va dépendre de la situation personnelle, médicale et économique de chaque femme ou chaque couple.

Les principales raisons qui provoquent l’échec du traitement de FIV sont principalement l’absence de fécondation et l’échec de nidation.

Il peut aussi arriver que la femme tombe effectivement enceinte après la FIV, mais que la grossesse ne soit pas évolutive et termine par un avortement spontané. Si cela se reproduit à plusieurs reprises, on parle de fausses-couches à répétition.

Nous vous expliquons ci-après les raisons pour lesquelles une FIV ne se termine pas par une grossesse :

Absence de fécondation

Lorsque l’union de l’ovule de la femme et du spermatozoïde de l’homme n’aboutit pas à un embryon viable, on se trouve face à un échec de fécondation.

D’habitude, si un nombre raisonnable d’ovocytes est obtenu suite à la ponction folliculaire du cycle de FIV, l’absence totale de fécondation est rare. On obtient presque toujours au moins un embryon apte à être transféré.

Il peut arriver qu’aucun embryon ne se forme après la fécondation, ce qui oblige à annuler le traitement de FIV.

Les causes de l’échec de fécondation sont des altérations morphologiques et/ou génétiques des gamètes, c’est-à-dire des ovules et des spermatozoïdes.

La première solution qui s’impose dans cette situation est la FIV avec don de gamètes, selon les variations suivantes :

  • FIV avec don d’ovocytes (FIV-DO)
  • FIV avec don de sperme
  • FIV double don (interdite en France)

Si aucun autre problème de fertilité n’empêche la gestation chez la femme, les taux de réussite des traitements de PMA augmentent de façon significative lorsqu’ils sont associés à un don de gamètes.

Échec d’implantation embryonnaire

Il s’agit d’une circonstance moins rare que l’absence de fécondation. L’échec de nidation ou échec d’implantation se produit lorsque, après la fécondation in vitro, la culture en laboratoire et le transfert embryonnaire à l’utérus, l’embryon ne parvient pas à s’accrocher, ce qui donne un test de grossesse négatif.

La fécondation s’est correctement produite, mais il y a un problème au niveau de la réceptivité de l’endomètre (la muqueuse interne de l’utérus) ou au niveau de la communication entre l’embryon et l’endomètre.

Les causes de l’échec de nidation peuvent être dues à des altérations génétiques héréditaires de l’embryon, comme dans le cas de l’échec de fécondation.

Pourtant, des malformations utérines ou des altérations au niveau de l’endomètre ont aussi un impact important.

Parmi les problèmes utérins, on peut citer par exemple :

  • Présence de léiomyomes (souvent connus sous le nom de fibromes utérins)
  • Polypes utérins
  • Infections
  • Endométriose
  • Anomalies congénitales

Les malformations peuvent empêcher le bon développement de la grossesse de manière physique. Pour plus d’informations, vous pouvez continuer la lecture par l’article suivant : Les malformations de l’utérus.

De plus, certaines maladies comme les thrombophilies ou les maladies du système immunitaire peuvent aussi faire obstacle à la nidation.

Si vous désirez en savoir plus sur l’échec d’implantation et les solutions pour y remédier, nous vous recommandons de consulter l’article suivant : Qu’est-ce que l’échec de nidation ?

Fausses-couches à répétition

Un possible problème survient enfin lorsqu’une femme tombe enceinte après le traitement de FIV, mais qu’un avortement spontané, couramment appelé fausse-couche, se produit après un laps de temps qui peut durer plusieurs jours, plusieurs semaines ou même plusieurs mois.

Lorsque la perte du fœtus se reproduit plus de deux ou trois fois, on peut établir un diagnostic de fausses-couches à répétition.

Lorsque cela se produit, le choc est vraiment difficile à assumer pour les futurs parents, car à la joie d’obtenir un test de grossesse positif confirmant la grossesse succède la tristesse et le désespoir causés par l’avortement spontané, et ce à plusieurs reprises. Les effets peuvent être dévastateurs.

Dans la plupart des cas, il est difficile de déterminer clairement la cause réelle de l’interruption involontaire de grossesse. Elle est en général associée à :

  • Facteurs génétiques du spermatozoïde, de l’ovule ou de l’embryon
  • Troubles immunitaires
  • Problèmes de coagulation
  • Altérations utérines
  • Infections
  • Perturbations endocriniennes

Vous trouverez plus d’informations sur les fausses-couches à répétition en cliquant sur le lien suivant : Fausses-couches à répétition : causes, bilan et traitements.

GPA après échecs répétés de FIV

La méthode de la gestation pour autrui (GPA) consiste à transférer un ou plusieurs embryons à l’utérus d’une femme en bonne santé, appelée mère porteuse ou gestatrice. Après sa naissance, le bébé sera remis à la ou aux personnes qui ont désiré sa naissance, appelées parents d’intention, qui seront les responsables légaux de l’enfant.

Les échecs de FIV à répétition sont une des raisons pour lesquelles un couple se met à penser à la GPA pour avoir un enfant.

De nos jours, la gestation pour autrui est une pratique illégale en France. C’est pour cette raison que les personnes qui désirent chercher l’aide d’une mère porteuse doivent se rendre à l’étranger dans un pays qui l’autorise, comme par exemple les États-Unis, l’Ukraine ou la Grèce.

La gestation pour autrui est le traitement de procréation médicalement assistée qui implique le plus de questions et de doutes pour un patient. La transparence est l’un de nos rigoureux critères pour le choix des cliniques et agences que nous recommandons. Vous pouvez utiliser cet outil afin d’obtenir un rapport détaillé pour répondre à vos questions et ainsi éviter les mauvaises surprises.

Vos questions fréquentes

Dois-je faire une tentative de FIV après une fausse-couche ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

En cas de fausse-couche, la fécondation et la nidation se sont bien produites. Un traitement de FIV n’est en principe pas la solution pour y remédier, sauf si les causes sont d’ordre génétique et que la qualité des gamètes est en jeu. Dans ce cas, la FIV combinée à un DPI ou à un don d’ovocytes peut être la solution. C’est le spécialiste qui va conseiller le traitement approprié.

Combien de FIV ratées avant de pouvoir tomber enceinte ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Il n’est pas possible de prédire avec exactitude le nombre exact de tentatives de FIV que va faire un couple avant d’obtenir une grossesse ou avant de renoncer aux techniques de PMA conventionnelles. Cela dépend trop des caractéristiques personnelles des patients.

Certains spécialistes affirment qu’une femme devrait tomber enceinte au 3e ou au 4e traitement de fécondation in vitro. Le succès peut dépendre du nombre d’ovocytes obtenus à chaque stimulation hormonale, mais on considère néanmoins qu’après 4 tentatives sans succès, les chances de réussite ne vont pas augmenter à la prochaine FIV.

Puis-je faire une GPA avec mes propres ovules si toutes mes tentatives de FIV ont échoué ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Oui, cela est possible si les causes de l’échec de la FIV ne sont pas liées à des altérations morphologiques ou génétiques des ovocytes.

Si les ovaires sont fonctionnels et que la réserve ovarienne et la qualité ovocytaire sont suffisantes pour obtenir des embryons aptes à s’implanter et se développer correctement dans l’utérus de la mère porteuse, la GPA peut se réaliser avec les ovocytes de la mère d’intention.

Si ce n’est pas le cas, il faudra combiner la gestation pour autrui avec un don d’ovocytes. Il n’est pas recommandé d’utiliser les ovocytes de la mère porteuse (mère porteuse traditionnelle) afin, d’une part, de limiter un éventuel lien affectif entre elle et le bébé et, d’autre part, de faciliter les futures démarches légales.

Au sujet des types de GPA et de l’origine des ovocytes, je vous recommande de lire l’article suivant : Les différents types de gestation pour autrui.

Comment s’assurer que la GPA ne va pas rater si les FIV n’ont pas réussi ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

La grossesse ne peut jamais être garantie puisqu’il s’agit d’un processus biologique humain. Cependant, le fait qu’une femme fertile, jeune et en bonne santé assume la partie de la grossesse augmente fortement les probabilités de succès. C’est pour cela que, lors du processus de sélection de la mère porteuse, on lui demande souvent d’avoir déjà au moins un enfant à elle, né en bonne santé au terme d’une gestation sans complications.

Par ailleurs, sur le plan financier, les agences et cliniques peuvent proposer des formules avec plusieurs tentatives de FIV ou même la possibilité de changer de mère porteuse si le traitement n’aboutit pas. Ce sont des questions qu’il faudra voir directement avec l’agence et la clinique avant de commencer le traitement.

Quant aux formules proposées par les cliniques, je vous invite à consulter ce sujet en cliquant sur le lien suivant : Que doit inclure un budget détaillé de GPA ?

La rédaction vous recommande

En plus des échecs de FIV à répétition, d’autres problèmes de fertilité peuvent constituer une indication suffisante pour solliciter l’aide d’une mère porteuse. Pour les connaître, rendez-vous sur l’article suivant  : Problèmes de fertilité et recours à la gestation pour autrui.

Si vous vous décidez à vous rendre à l’étranger pour y réaliser un traitement de GPA, nous vous recommandons de suivre notre guide : Conseils et étapes à suivre pour une GPA.

La GPA n’est pas légalisée partout dans le monde. De plus, certains pays en réduise l’accès à leurs propres concitoyens. Pour un aperçu des pays dans lesquels les Français peuvent se rendre, veuillez consulter l’article suivant: Quels sont les meilleurs pays de GPA pour les Français?

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Bibliographie

Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). En savoir plus sur Zaira Salvador
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
Babygest Staff
Directrice éditoriale de la revue Babygest en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

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