Étude des effets de la GPA sur les enfants nés grâce à cette technique.

Par (embryologiste) et (babygest staff).
Dernière actualisation: 28/05/2016

Malgré le fait que la gestation pour autrui est pratiquée depuis des décennies, il existe peu d’études sur le sujet et donc peu de données sur ses effets. Les études comportent de nombreuses limites, notamment la petite taille de l’échantillon et l’absence d’études pour les parents homosexuels.

Comme pour toute grossesse en PMA, il est nécessaire de tenir compte de l’effet concernant les caractéristiques physiques du bébé tels que l’âge gestationnel, le poids à la naissance et les anomalies congénitales. De plus, comme dans le cas du don de gamètes, le fait de connaître leur origine peut avoir des effets psychologiques sur l’enfant qu’il est intéressant d’évaluer.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Effets physiques sur le nouveau-né

Deux études de cohortes portant sur 1 308 enfants et une série de 271 cas d’enfants nés par GPA indiquent que le taux de naissances prématurées est similaire en ce qui concerne la GPA par rapport aux traitements de fécondation in vitro (FIV).

Dans les deux cas, le nombre moyen de semaines d’accouchement était d’environ 37 semaines pour les grossesses uniques. En revanche, pour les grossesses gémellaires, la moyenne était d’environ 36 semaines. Cela signifie que le taux de naissance prématurée dans une grossesse unique est plus faible en gestation pour autrui que dans la FIV.

D’autre part, 3 études ont été réalisées concernant des cohortes avec 1775 bébés, et cinq séries de 252 cas d’enfants nés par GPA pour étudier le poids à la naissance. Dans tous ces cas, on considère qu’il s’agit d’un faible poids à la naissance inférieur à 2 500 g.

Le poids moyen des enfants nés d’une grossesse unique était de 3 309 à 3 536 g, comparativement à 3 100 à 3 240 g pour les grossesses par FIV d’une grossesse unique et à 3 226 g pour les enfants nés par don d’ovocytes.

Par conséquent, les taux d’insuffisance pondérale à la naissance chez les enfants nés d’une mère porteuse sont très semblables et même inférieurs à ceux des enfants nés par FIV.

Selon ces études, on peut conclure que l’insuffisance pondérale à la naissance est rare chez les mères porteuses, à moins qu’il ne s’agisse d’une grossesse multiple, qui entraîne habituellement un accouchement prématuré et un faible poids de naissance.

Cependant, il est plus fréquent qu’il y ait un poids élevé à la naissance, ce qui peut être dû à la meilleure santé reproductive de la mère porteuse par rapport à une femme stérile qui suit un traitement de FIV.

Quant aux malformations congénitales, elles ont été mentionnées dans huit études de cohortes et trois séries de cas, sur un total de 1 338 enfants nés par GPA.

1,1-2,9% des enfants nés par FIV et 0,6-2,1% des enfants nés grâce à des dons de gamètes viennent au monde avec des malformations congénitales, alors que dans la GPA, cela survient dans 0-6,5% des cas. Cela suppose que les taux sont similaires dans les trois cas pour les grossesses uniques.

Effets psychologiques sur l’enfant

Huit études portant sur 42 enfants montrent des résultats concernant l’effet psychologique chez les enfants de 1 à 10 ans nés d’une GPA. Aucune différence significative n’a été constatée dans le développement psychologique des enfants nés par gestation pour autrui, par don d’ovules et naturellement.

Cependant, à l’âge de 7 ans, le problème de l’acceptation de l’origine est plus important chez les enfants nés par GPA que chez ceux nés par don d’ovocytes. Cette différence disparaît lorsqu’on étudie sa vision à l’âge de 10 ans.

14 des 42 enfants de l’étude avaient rencontré leur mère porteuse au cours de la dernière année et tous avaient une opinion positive ou indifférente de la gestation pour autrui. La conclusion tirée de ces données est que l’adaptation psychologique des enfants nés d’une GPA est normale et que tout problème d’acceptation est temporaire.

Par conséquent, la connaissance de son origine n’est pas un traumatisme pour l’enfant.

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Bibliographie

Étude réalisée à partir de: “Surrogacy: outcome for surrogate mothers, children and the resulting families-a systematic review”. Human Reproduction Update, Vol.2, No.2pp.260-276,2016.

Auteurs et collaborateurs

 Sara Salgado
Sara Salgado
Embryologiste
Diplômée en Biochimie et Biologie Moléculaire de l'Universidad del País Vasco (UPV/EHU), avec un Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Titre d'expert universitaire en Techniques de Diagnostic Génétique de l'Universidad de Valencia (UV). En savoir plus sur Sara Salgado
Adapté au français par:
 Marie Tusseau
Marie Tusseau
Babygest Staff
Directrice éditoriale de la revue Babygest en français et en anglais. En savoir plus sur Marie Tusseau

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