Étude sur les effets de la gestation pour autrui chez la mère porteuse

Par (embryologiste).
Dernière actualisation: 20/05/2016

Bien que la gestation pour autrui soit pratiquée depuis les années 1980, il existe peu d’études à son sujet. De plus, bon nombre de ces études sont limitées en raison de la taille réduite de l’échantillon.

Dans cet article, vous pourrez retrouver un résumé de certaines des données les plus pertinentes provenant de plusieurs études qui analysent le processus de la gestation pour autrui et ses effets psychologiques et médicaux tant pour la mère porteuse que pour les parents d’intention et le bébé. Dans cet article, nous nous concentrons principalement sur les effets provoqués sur la femme qui porte la grossesse.

Recommandations concernant la mère porteuse

La mère porteuse peut être un membre de la famille des futurs parents, comme la sœur ou la mère, ou au contraire une personne anonyme.

Selon les recommandations de l’ESHRE (European Society of Human Reproduction and Embryology) et de l’ASRM (American Society of Reproductive Medicine), la mère porteuse doit de préférence être âgée entre 21 et 45 ans et avoir eu au moins un enfant à elle.

De plus, ses grossesses précédentes doivent avoir été à terme (et non prématurées) et sans complications. D’autre part, elle ne devrait pas avoir eu plus de 5 naissances naturelles ou plus de 3 par césarienne.

Selon la FIGO (Federation of Gynecology and Obstetrics) actuellement, seule la gestation pour autrui traditionnelle ou complète devrait être autorisée et les décisions de la mère porteuse devraient être respectées à tout moment, notamment en ce qui concerne la grossesse. Enfin, la FIGO insiste sur le fait que la gestation pour autrui commerciale doit être abolie et qu’il est nécessaire de renforcer les processus altruistes.

Taux de grossesse et d’accouchement en GPA

Les études indiquent que le taux de grossesse par embryon transféré dans le cadre de programmes complets de GPA se situe entre 19 et 33%, dont entre 29 et 70% ont abouti à la naissance d’un bébé en bonne santé.

Une des études, qui a analysé 333 cas de gestation pour autrui au Canada, indique que les taux de grossesse, de fausse-couche et d’accouchement ne varient pas selon l’indication de la GPA.

Par contre, seulement cinq des études analysent les complications pendant la grossesse.

Des troubles d’hypertension de la grossesse tels que la pré-éclampsie ont été observés dans 3,2 % à 10 % des cas. Le décollement placentaire s’est produit dans environ 1,1 % et 7,9 % des cas de grossesse de GPA unique.

De tels troubles ont également été trouvés dans les grossesses gémellaires :

  • Troubles d’hypertension (2,9-7,4 %)
  • Décollement du placenta (1,1-3-7 %)

La conclusion tirée de ces données est que les complications placentaires se produisent de la même manière que dans les cas de FIV. Dans le cas des troubles d’hypertension, ils sont moins fréquents (4,3-10%) que dans les cas de dons de gamètes (16-40).

Conséquences psychologiques sur la mère porteuse

Sur les 16 études qui ont analysé les conséquences et les effets psychologiques sur la mère porteuse, aucune n’a signalé de problèmes psychologiques graves.

En général, les raisons pour lesquelles ces femmes décident d’être enceintes sont principalement altruistes, bien que des raisons économiques aient également été appréciées.

La dépression post-partum moyenne dans les cas de gestation pour autrui varie entre 0% et 20%.

En revanche, sur les six études qui se sont penchées sur les problèmes liés au renoncement du bébé, l’une d’entre elles, réalisée au Royaume-Uni et portant sur 34 femmes enceintes, 35% ont eu des difficultés à abandonner le bébé au moment de l’accouchement. Après un an, seulement 6 % ont continué d’éprouver des sentiments négatifs liés au renoncement au bébé qu’elles avaient porté. Il est important de noter que la majorité des cas dans ces études étaient des mères porteuses traditionnelles.

Relation entre la mère porteuse et les futurs parents

Les études portant sur la relation entre les futurs parents et la femme qui a donné naissance à leurs enfants indiquent que cette relation est généralement harmonieuse et régulière, tant pendant la grossesse qu’après la naissance. Bien que la fréquence de contact diminue avec le temps, la qualité de la relation est maintenue, du moins pendant les 10 années suivantes.

Le maintien de la relation au fil des ans dépendra du type de GPA pratiquée et du fait que l’enfant sache ou non qu’il est venu au monde par ce processus de procréation.

Une autre étude analyse la relation familiale entre la mère porteuse et ses propres enfants et conclut que ses enfants âgés de 5 à 15 ans ne subissent pas de conséquences négatives à la suite de la décision de leur mère d’aider une autre famille en portant leur bébé.

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Bibliographie

Étude réalisée à partir de: “Surrogacy: outcome for surrogate mothers, children and the resulting families-a systematic review”. Human Reproduction Update, Vol.2, No.2pp.260-276,2016.

Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitaire en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. En savoir plus sur Andrea Rodrigo

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1 commentaire

    1. Sassy2211

      Il faudrait faire d’autres études comme ça pour montrer que tout va bien pour la mère porteuse et pour le bébé qui naît de cette technique. Il faut se dire que c’est une autre manière d’avoir des enfants pour les gens qui ne peuvent pas en avoir naturellement!