Une mère porteuse met au monde deux bébés génétiquement différents

Un cas très singulier de gestation pour autrui a fait les gros titres la semaine dernière. Après une grossesse sans complications, une mère porteuse californienne a mis au monde par césarienne deux bébés.

À la surprise de tout le monde, les deux enfants, censés être des vrais jumeaux, sont nés… porteurs de gènes différents !

Une GPA complètement inédite

Le couple Liu, originaire de Chine, n’arrivait pas à avoir d’enfant de manière naturelle et a choisi les États-Unis comme destination de gestation pour autrui car cette technique de procréation médicalement assistée n’est pas autorisée en Chine.

Une mère porteuse californienne de 31 ans, Jessica Allen, a alors accepté, en échange d’une compensation financière de 35 000 dollars, d’être leur mère porteuse afin de donner naissance à un bébé engendré par le sperme du père d’intention. Elle commence le traitement de fécondation in vitro (FIV) au printemps 2016.

Lorsque, au bout de six semaines de grossesse, l’échographie révèle la présence de deux bébés, parents d’intention et mère porteuse acceptent l’hypothèse de la division de l’embryon en deux, phénomène propre à la naissance des jumeaux monozygotes.

Dans un premier temps, le couple Liu s’était montré heureux d’avoir des jumeaux et avait même payé la compensation financière supplémentaire à la mère porteuse en cas de grossesse gémellaire.

Pourtant, après l’accouchement par césarienne en décembre 2016, l’évidence s’impose. L’un des bébés a des traits asiatiques, alors que l’autre a des traits africains.

Le couple décide alors de pratiquer un test ADN et découvre que le bébé d’apparence asiatique est bien leur enfant biologique alors que le bébé d’apparence africaine est celui de la mère porteuse, dont le mari est afro-américain.

Que s’est-il passé exactement ?

Ce phénomène extrêmement rare s’appelle la superfétation.

Le dictionnaire Larousse décrit la superfétation comme :

Fécondation se produisant chez une femelle déjà porteuse d’un embryon. (Les deux embryons qui coexistent proviennent alors de deux cycles ovulatoires différents.)

Cela signifie que la femme, déjà enceinte d’un premier embryon, tombe à nouveau enceinte.

Cela est possible car le blocage habituellement provoqué par les changements hormonaux dus à la grossesse ne se produit pas : une nouvelle ovulation a lieu, permettant la possibilité d’une nouvelle fécondation.

La littérature scientifique n’a recensé qu’une dizaine de cas de superfétation pour l’espèce humaine.

C’est la toute première fois que le phénomène est décrit dans le cadre d’un traitement de gestation pour autrui.

Que sont devenus les bébés?

Après la naissance par césarienne, les bébés ont tout de suite été remis aux parents d’intention sans que Jessica Allen les ait vus. Pourtant, dès qu’elle les contemple sur une photo envoyée par la mère d’intention chinoise, elle remarque la différence entre les deux et surtout la ressemblance de l’un d’entre eux avec son mari Wardell Jasper.

Dans un premier temps, les parents d’intention chinois ont pris les deux bébés en charge. Cependant, après la confirmation des résultats du test de paternité, ils ont changé d’avis.

Ils n’ont pas désiré garder le bébé biologique de la mère porteuse et de son mari. Ils ont donc décidé de le donner en adoption et de demander en plus une compensation financière de 22 000 dollars. La mère porteuse et son mari assurent pourtant qu’ils ont utilisés des préservatifs lors de leurs rapports sexuels.

Jessica Allen et son mari ont finalement pu récupérer leur bébé au bout de deux mois de démarches légales. La compensation réclamée par les parents d’intention a été revue à la baisse après le passage devant les tribunaux.

La rédaction vous recommande

Cette situation totalement inédite pose la question de la responsabilité légale de chacun des participants tout au long de la procédure de gestation pour autrui. Cela incite à réfléchir au sujet du cadre légal entourant cette pratique. Pour savoir ce que devrait prendre en compte une législation de GPA, vous pouvez lire notre article : Que doit prendre en compte une législation sur la GPA ?

Il est aussi nécessaire que l’accord signé entre la gestatrice et les parents d’intention soit le plus détaillé possible, pour fixer par écrit les droits et les obligations de chacune des parties dans le but de protéger l’enfant à naître quelles que soient les circonstances. Vous en apprendrez plus en lisant notre article : Le contrat de gestation pour autrui.

Si vous voulez connaître d’autres cas singuliers de GPA, cliquez sur le lien suivant: Cas surprenants de gestation pour autrui.

Un commentaire

  1. avatar
    Funot

    Heureusement pour le bébé que ses parents étaient prêts à le récupérer! Pauvre petit bout d’chou, séparé de son frère…. Ils ont quand même partagé le même utérus pendant 9 mois!!! C’est pour des cas comme ça que je suis totalement opposée à la GPA.

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