Problèmes de fertilité et recours à la gestation pour autrui

La gestation pour autrui ou GPA est une technique de procréation médicalement assistée qui se présente comme une solution pour les couples souffrant de certains problèmes de fertilité. Elle peut aussi intéresser les personnes qui, sans être nécessairement atteintes de stérilité, ne peuvent pas avoir d’enfants sans recourir à une mère porteuse, comme c’est le cas des hommes seuls ou des couples gays.

Les raisons qui font de la GPA une indication médicale sont principalement l’infertilité féminine causée par une absence ou un dysfonctionnement de l’utérus. C’est le cas, par exemple, si une ablation de l’utérus a été réalisée suite à un cancer. Il peut aussi s’agir d’une contre-indication médicale, lorsqu’une femme s’expose à des risques excessifs si elle veut porter un enfant dans son propre ventre.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Infertilité et gestation pour autrui

Environ un couple sur six en âge fertile rencontre des problèmes pour obtenir une grossesse. Les causes d’infertilité sont très variées et peuvent concerner l’homme, la femme, ou les deux partenaires.

Beaucoup des problèmes pour tomber enceinte sont dus à la présence d’altérations au niveau des gamètes (ovules et spermatozoïdes) qui empêchent la fécondation. Les problèmes utérins, de leur côté, rendent difficile l’implantation de l’embryon.

Dans le cas des femmes dont le problème est l’incapacité de mener la grossesse à terme, la solution procréative qui s’offre à elles est la gestation pour autrui.

La GPA signifie qu’une autre femme se propose volontairement pour porter l’enfant de la personne qui veut être mère mais ne le peut pas.

Le choix de la gestation pour autrui, aussi connu comme recours à une mère porteuse, peut être :

La première option
en cas d’absence d’utérus (congénitale ou chirurgicale) ou de contre-indication médicale à la grossesse. Il n’y a pas d’autre solution pour avoir un enfant biologique.
La deuxième option

lorsque les autres tentatives ont échoué. Parmi les personnes qui se tournent vers cette solution comme leur dernière chance d’avoir un enfant, beaucoup ont subi de nombreux échecs de traitement antérieurs d’assistance médicale à la procréation (échecs réitérés de la nidation et/ou fausses-couches à répétition).

Indications médicales pour une GPA

La GPA se présente comme une option dans les cas suivants :

Absence d’utérus
une femme peut naître sans utérus (syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser) ou avoir subi une hystérectomie (ablation chirurgicale de l’utérus).
Problèmes utérins
des malformations comme un utérus bicorne, des myomes ou fibromes, des polypes, une endométriose sévère, un syndrome d’Asherman incurable, etc.
Échecs répétés de traitements de fertilité
échecs de la nidation, avortements spontanée.
Contre-indication médicale absolue à la grossesse
il s’agit en général d’une maladie qui pourrait causer de possibles problèmes pendant la grossesse pour la vie du fœtus et la santé de la mère et/ou de l’enfant.
Incapacité biologique à la conception
c’est le cas des hommes seuls et des couples homosexuels masculins.

Nous vous proposons ci-après plus de détails concernant certains de ces problèmes d’infertilité.

Hystérectomie totale et conservatrice

Dans les cas où la perte de l’utérus se doit à une intervention chirurgicale, on parle d’absence d’utérus acquise. Cette intervention est généralement pratiquée pour cause de fibrome (fibrome souvent en relation avec une endométriose), de tumeur, de cancer ou de descente d’organes (prolapsus).

Sans utérus, la grossesse est impossible puisqu’il manque un lieu pour abriter l’embryon. Même si la fécondation se produit, la nidation n’est évidemment pas possible.

Les femmes qui ne renoncent pas à devenir maman après une hystérectomie disposent de trois options :

L’adoption
cette solution leur permet d’avoir un enfant non biologique et d’aider des enfants privés de famille.
La gestation pour autrui
cette solution leur permet d’avoir un enfant biologique pourvu qu’elles disposent d’ovaires fonctionnels.
La greffe d’utérus
il s’agit d’une technique très complexe, encore considérée comme expérimentale. Cependant, il y a déjà eu quelques naissances. Cette technique a été autorisée pour la première fois en France en 2015.

En cas d’hystérectomie conservatrice ou interannexielle, les ovaires et les trompes de Fallope ne sont pas retirés. Il est donc possible que les ovaires continuent à produire des ovules, ce qui laisse aux femmes la possibilité de fournir leurs propres ovocytes dans le cadre d’une GPA.

En revanche, en cas d’hystérectomie totale avec annexectomie, il y a également ablation des ovaires. Dans ce cas, en plus de la perte de leur capacité de gestation, les femmes renoncent à avoir un enfant biologique.

Si elles se décident pour une gestation pour autrui, elles devront en plus recourir à un don d’ovocytes.

Les mêmes solutions sont celles qui se présentent en cas d’absence d’utérus congénitale, par exemple en présence du syndrome de Rokitansky. En général, cette pathologie n’empêche pas d’avoir des ovaires fonctionnels qui produisent des ovules.

Ainsi, la gestation pour autrui permet à ces femmes d’avoir des enfants biologiques, c’est-à-dire, qui hériteront de leur patrimoine génétique.

Anomalies morphologiques ou fonctionnelles de l’utérus

L’utérus est l’organe féminin où l’embryon se développe jusqu’à sa naissance. Ainsi, des anomalies dans sa forme et fonctionnalité peuvent empêcher que la grossesse arrive à terme.

Les malformations utérines, l’apparition de myomes ou de polypes de grande taille, une endométriose sévère ou le syndrome d’Asherman sont les principaux problèmes utérins qui rendent difficile (voire impossible) la nidation et le développement de l’embryon jusqu’à l’accouchement.

C’est seulement dans les cas les plus graves et après avoir tenté d’autres options que la patiente se tournera vers la GPA.

Il est essentiel de souligner que, contrairement à ce qui se produit en cas d’absence d’utérus, les malformations et altérations utérines n’empêchent pas toujours la grossesse.

Échecs répétés de la fécondation in vitro

Avoir subi de continuelles déconvenues lors de traitements successifs d’assistance médicale à la procréation est une autre des raisons pour lesquelles beaucoup de couples avec des problèmes de stérilité ou d’infertilité se lancent dans une procédure de GPA.

Après de nombreuses tentatives infructueuses, souvent sur plusieurs années, après être passées par des épreuves comme des fausses-couches ou des grossesses extra-utérines, certaines personnes ne se sentent pas les forces suffisantes pour recommencer un traitement de PMA et s’exposer à un nouvel échec.

La frustration et l’angoisse générées par de nombreux essais infructueux sont responsables d’une usure émotionnelle qui finit souvent par faire renoncer les futurs parents à leur projet parental.

Dans d’autres cas, les couples se tournent vers l’adoption.

Cette solution offre le double avantage de leur permettre d’être parents et d’offrir à un ou plusieurs enfants le foyer dont ils ont besoin.

Cependant, les années perdues en traitements de PMA sont alors un désavantage, car de nouveaux délais attendent les futurs parents adoptifs pour obtenir l’agrément et se voir attribuer un enfant.

Enfin, certains couples voient dans la GPA comme le dernier espoir pour avoir des enfants biologiques. C’est alors qu’ils décident de faire appel à une mère porteuse ou gestatrice, pour qu’elle se charge de mettre leur enfant au monde.

Si vous avez des doutes sur la manière de procéder pour votre GPA, vous pouvez poser toutes les questions nécessaires à notre assistante virtuelle Lucy, ainsi que visiter notre page d’informations qui vous orientera vers des cliniques, des spécialistes et diverses destinations. C’est par ici : Surrofair.

Contre-indications médicales à la grossesse

Il peut arriver que des maladies graves n’aient aucun lien avec la procréation. Si elles n’empêchent pas la femme de tomber enceinte, elles impliquent dans la pratique l’administration de médicaments non compatibles avec la gestation.

Il y a aussi des situations pendant lesquelles la grossesse peut aggraver une maladie ou causer des problèmes de santé sérieux, problèmes qui peuvent affecter la mère ou le fœtus, provoquant la mort dans les cas les plus graves.

C’est pour cela qu’en fonction de la gravité de chaque cas, le spécialiste met en garde la femme pour qu’elle ne tombe pas enceinte.

Les maladies qui peuvent s’opposer au déroulement correct d’une grossesse sont les cas les plus graves de :

  • Maladies auto-immunes comme le lupus
  • Altérations de la coagulation comme les thromboses
  • Maladies cardio-vasculaires comme le syndrome de Marfan
  • Anomalies neurologiques comme l’épilepsie

Vos questions fréquentes (FAQ)

Puis-je être enceinte en l’absence d’utérus ?

Non, l’utérus est absolument nécessaire pour qu’un embryon puisse se développer jusqu’au moment de l’accouchement. En l’absence d’utérus, la grossesse est absolument impossible. Une femme ne peut alors avoir d’enfant ni de manière naturelle, ni grâce aux techniques de PMA conventionnelles.

Si je ne tombe pas enceinte, ai-je besoin d’une mère porteuse ?

La gestation pour autrui est considérée comme une solution de la dernière chance. On y a généralement recours après avoir tenté des techniques de PMA conventionnelles, en commençant d’abord par des tentatives de FIV soit avec ses propres ovocytes, soit avec des ovocytes de donneuse. Si rien n’y fait ou si le problème se trouve au niveau de l’utérus, on reconnaîtra qu’on se trouve face à un problème médical et la GPA pourrait alors être indiquée.

La GPA est-elle une solution en cas d’utérus bicorne ?

Pas nécessairement. Il est vrai que l’utérus bicorne, bifide ou hémi-utérus est l’une des malformations les plus problématiques pour pouvoir tomber enceinte. Pourtant, il n’empêche pas toujours la gestation. De plus, des solutions chirurgicales sont parfois envisageables pour tenter de résoudre le problème. La gestation pour autrui n’interviendra que si la malformation est trop importante pour permettre la grossesse.

Dans quels pays autorisant la GPA faut-il prouver son incapacité médicale à la gestation ?

La Russie, les États-Unis, le Canada, la Grèce, la Géorgie et l’Ukraine sont les pays de référence pour les étrangers qui souhaitent avoir recours légalement à une mère porteuse. Parmi ceux-ci, la Géorgie, la Russie, l’Ukraine et la Grèce exigent que les futurs parents ou parents d’intention produisent un certificat médical qui confirme leurs problèmes de fertilité.

Si vous souhaitez prendre connaissance des conditions légales en vigueur dans différents pays du monde, cliquez sur le lien suivant : Situation internationale de la GPA.

En cas d’hystérectomie conservatrice, la mère d’intention peut-elle fournir les ovules ?

Oui. Si les ovaires et les trompes de Fallope sont laissés en place lors de l’hystérectomie (hystérectomie conservatrice ou interannexielle), les ovocytes peuvent éventuellement être utilisés. En effet, l’absence d’utérus empêche la grossesse mais pas la fécondation pourvu que les ovaires soient encore fonctionnels.

Dans ce cas, les ovocytes sont prélevés, fécondés in vitro en laboratoire avec les spermatozoïdes du conjoint ou d’un donneur. Par la suite, l’embryon obtenu est transféré à l’utérus de la gestatrice qui se charge de la grossesse et de l’accouchement. C’est la manière pour une femme sans utérus d’avoir des enfants biologiques, c’est-à-dire, qui héritent de son ADN.

La rédaction vous recommande

Cet article vous a montré un résumé des principales raisons qui peuvent conduire une femme à souffrir d’une incapacité à la gestation et, par conséquent, au besoin de recourir à la GPA pour avoir un enfant biologique. Vous désirez plus de détails sur les maladies que nous mentionnons ? Cliquez sur le lien suivant : Maladies qui empêchent la grossesse.

Une autre raison de poids est le manque de succès des différents traitements de procréation assistée mis en œuvre. Pourquoi se produisent de tels échecs ? Vous pouvez lire à ce sujet notre article Échecs répétés de FIV.

Le cancer de l’utérus est souvent responsable d’une hystérectomie. Pour en savoir plus sur les symptômes, le diagnostic et le traitement, rendez-vous sur notre article Cancer de l’utérus.

Nous vous indiquons la GPA comme possible solution aux différents problèmes de fertilité évoqués dans cet article. Pour comprendre à quel moment les médecins recommandent le recours à une mère porteuse, suivez le lien : Indications médicales de la gestation pour autrui.

5 commentaires

  1. avatar
    justine

    Je me demande pourquoi cet article alors que la GPA est interdite en France… non pas que je sois contre ni rien du tout mais ça donne de faux espoirs.

  2. avatar
    Ludivine

    Bonjour,

    J’ai l’immense bonheur d’avoir eu il y a 7 ans un petit Théo qui fait notre joie au quotidien. Malheureusement pour nous qui voulions une famille nombreuse, j’ai eu un cancer de l’endomètre de stade I et on m’a pratiqué une hystérectomie totale, qui a heureusement suffi à en venir à bout.
    Aujourd’hui, je sais que je n’aurai plus d’enfant, mais nous ne renonçons pas à notre rêve d’agrandir la famille et de donner au moins un petit frère ou une petite sœur à Théo. Nous pensons sérieusement à une GPA, malgré les difficultés et le prix, car nous voudrions vraiment que les deux enfants aient le même papa, à défaut de la même maman…

    • avatar
      Isabelle GuttonSpécialiste en gestation pour autrui

      Bonjour Ludivine,

      Tout d’abord, félicitations pour avoir surmonté votre cancer et pour avoir une famille qui vous comble. Quant à la GPA, il s’agit d’un parcours complexe. Pour vous en faire une idée et commencer à choisir une destination, je vous suggère notre article : Meilleurs pays pour les Français.

      Par ailleurs, rien de tel que le partage avec des personnes dans la même situation que vous. N’hésitez pas à vous rendre dans notre espace consacré aux expériences et à poser des questions plus spécifiques si besoin est : Forum de gestation pour autrui.

      Bon courage et merci pour votre témoignage.

  3. avatar
    Nora Moke

    Bonjour,

    Après 3 ans de parcours pma, 4 fiv et une myomectomie suite a un uterus fibromateux je ne suis pas parvenu à tomber enceinte malgré de bons embryons.
    Nous envisageons de faire une gpa en belgique grace à une amie qui se propose de porter notre enfant.
    J ai contacté le CHU st Pierre a Bruxelles qui m a répondu qu on ne repondait pas o critères pour faire la gpa. Il faut soit ne pas avoir d utérus ou avoir fait 10 fiv, je trouve ces critères injustes.
    Connaissez vous des centres pma en Europe qui pourraient nous autoriser a faire la gpa?
    Nora

    • avatar
      Isabelle GuttonSpécialiste en gestation pour autrui

      Bonjour Nora Moke,

      Effectivement, les critères pour une GPA en Belgique sont très stricts, même s’il n’y a aucune loi qui les régulent, comme nous l’indiquions dans notre article : Gestation pour autrui en Belgique.

      Je regrette de ne pas pouvoir vous aider directement car nous ne pouvons pas faire de publicité ni recommander des centres en particulier.

      Je vous suggère de visiter la plate-forme en ligne Surrofair et la conseillère virtuelle Lucy qui pourra vous mettre en contact avec des professionnels de confiance dans le secteur de la GPA : Conseiller virtuel.

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