Infertilité pour cause de problème utérin: pathologies et solutions

L’utérus est l’un des organes les plus importants de l’appareil reproducteur féminin, car il est chargé d’abriter la gestation pendant 9 mois suite à la fécondation de l’ovule et la nidation de l’embryon.

Toute altération ou maladie de l’utérus susceptible de perturber son bon fonctionnement va être cause de stérilité chez la femme. Dans le pire des cas, un problème utérin peut conduire une femme à subir des échecs de nidation successifs ou des fausses-couches à répétition, empêchant ainsi toute grossesse d’arriver à terme.

La seule option qui se présente à ces femmes pour avoir un enfant, autre que l’adoption, sera donc la gestation pour autrui (GPA).

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.


À quoi ressemble un utérus normal ?

L’utérus est un organe musculaire creux situé à l’intérieur du bassin de la femme, à l’avant du rectum et à l’arrière de la vessie.

Sa taille approximative chez une femme qui n’a encore jamais accouché est de 8 cm de haut, 5 cm de large et 3 cm de profondeur. Sa position habituelle est antéversée antéfléchie, c’est-à-dire que l’utérus est orienté vers l’avant.

Les différentes parties anatomiques de l’utérus sont les suivantes :

Corps de l’utérus
il a une forme de poire et se compose de trois couches internes : le périmètre, le myomètre et l’endomètre. Il communique avec le col de l’utérus par sa partie inférieure et avec les trompes de Fallope par les côtés de sa partie supérieure.
Col de l’utérus
c’est une structure musculaire qui va servir de canal pour l’accouchement. Il communique le vagin avec le corps de l’utérus et permet également le passage des spermatozoïdes pendant le coït.

Toute altération d’une partie de l’utérus ou de ses caractéristiques qui l’empêche de jouer son rôle dans la gestation va être cause d’infertilité.

Malformations utérines

Les malformations congénitales de l’utérus, aussi appelées malformations müllériennes, trouvent leur origine pendant le développement du fœtus entre la 8e et la 17e semaine de grossesse.

Nous vous énumérons ci-après toutes les anomalies utérines qui peuvent se présenter chez les femmes dès leur naissance :

Agénésie müllérienne
absence d’utérus due à un problème initial des structures embryonnaires à l’origine du système reproducteur féminin. Les trompes de Fallope manquent également et le vagin peut être incomplet. Cette altération est connue sous le nom de syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser ou syndrome MRKH.
Utérus unicorne
l’utérus mesure la moitié de la taille normale et présente une corne qui s’unit à une seule trompe de Fallope. Cela peut poser des problèmes pour la grossesse, avec un plus grand risque d’accouchement prématuré.
Utérus bicorne, utérus bifide ou hémi-utérus
l’utérus a une forme de cœur et présente deux cavités utérines symétriques séparées par une indentation. Les complications possibles sont le risque de fausse-couche et d’accouchement prématuré.
Utérus didelphe
on observe deux cavités utérines indépendantes, avec deux cols et parfois mêmes deux vagins. C’est une cause de fausses-couches à répétition.
Utérus cloisonné et utérus à fond arqué
l’utérus présente une cloison ou septum dans sa partie supérieure qui le divise en deux. Plus la cloison se prolonge, plus il y a de risques d’avortement.

Certaines de ces pathologies utérines peuvent être corrigées par une intervention chirurgicale comme l’hystéroscopie opératoire ou la cœlioscopie. Par exemple, il est possible d’éliminer les cloisons de la cavité utérine.

Si vous désirez connaître tous les détails concernant les anomalies müllériennes, vous pouvez continuer la lecture en suivant ce lien : Malformations congénitales de l’utérus.

Tumeurs de l’utérus

On considère comme une tumeur toute altération affectant la croissance des cellules d’un tissu, ce qui le fait augmenter de taille de façon incontrôlée.

D’habitude, les tumeurs qui se forment au niveau de l’utérus sont bénignes et il s’avère possible de les éliminer grâce à une intervention chirurgicale. Nous les abordons ci-après.

Fibromes utérins

Les fibromes utérins, aussi connus sous le nom de myomes utérins ou léiomyomes, sont un type de tumeurs qui se forment sur la couche musculaire de l’utérus, le myomètre. Ils peuvent être de 3 sortes :

Fibromes ou myomes intra-muraux
ils se développent à l’intérieur de la couche musculaire de l’utérus et peuvent déformer sa structure.
Fibromes ou myomes sous-séreux
ils se développent en direction de la cavité abdominale. Ils peuvent en arriver à trop grandir et à comprimer les organes adjacents, mais restent généralement asymptomatiques.
Fibromes ou myomes sous-muqueux
ils se développent en direction de la cavité utérine. Ce sont les moins courants, mais ils provoquent des symptômes comme des saignements vaginaux. De plus, ce sont ceux qui peuvent poser des problèmes de fertilité car ils déforment l’intérieur de l’utérus.

Si le fibrome est pédiculé, il va n’être relié à l’utérus que par un pédicule, c’est-à-dire par une fine tige. Pour cette raison, il semble suspendu.

Seuls les fibromes sous-séreux et sous-muqueux peuvent être pédiculés. Dans le cas contraire, ils sont sessiles.

Les myomes de l’utérus peuvent donner lieu à certaines complications en raison de leur taille et de leur effet sur la cavité utérine : pressions sur les trompes de Fallope, échecs de nidation, fausses-couches à répétition, etc.

Pour pouvoir restituer la fertilité, une myomectomie est suffisante pour l’ablation des fibromes utérins.

Cependant, dans les cas les plus graves, lorsqu’il y a de nombreux fibromes avec une taille plus importante que l’utérus lui-même, une ablation de l’utérus (hystérectomie) peut s’imposer. La femme ne peut donc plus tomber enceinte.

Polypes utérins

Les polypes utérins ou endométriaux se forment suite à une prolifération du tissu endométrial en direction de la cavité utérine. La cause de cette prolifération est que la couche basale de l’endomètre ne se détache pas lors de la menstruation et donne lieu à un polype, qui peut continuer à grandir par la suite.

Les polypes de plus grande taille peuvent entraîner des saignements entre les règles (métrorragie), au cours des rapports sexuels ou des saignements plus abondants que la normale au moment des règles (hyperménorrhée). Ces hémorragies peuvent amener une anémie pour la femme qui en souffre.

Il convient d’éliminer les polypes présentant cette symptomatologie, surtout si la femme souhaite tomber enceinte, car ils sont cause d’infertilité.

Comme ils sont situés dans la cavité de l’utérus, les polypes endométriaux peuvent faire obstacle à la nidation des embryons et provoquer des avortements spontanés.

Les polypes peuvent aussi grandir en direction du col de l’utérus et même devenir malins, même si cela n’arrive que dans 5% des cas.

Altérations de l’endomètre

L’endomètre est la plus interne des couches de l’utérus. C’est là que se produit la nidation de l’embryon au début de la gestation.

L’endomètre dépend directement du cycle menstruel. Il répond aux niveaux d’œstrogènes et de progestérone pour modifier sa structure et ses fonctions. De plus, il se détache au moment de la menstruation et se renouvelle à chaque cycle.

Pour toutes ces raisons, toute altération de l’endomètre qui l’empêche de mener à bien sa fonction va provoquer des problèmes de stérilité, de même que les altérations hormonales qui influent sur son développement.

Dans cette section, nous traitons les pathologies les plus sévères de l’endomètre.

Endométriose

L’endométriose est une maladie chronique de l’utérus qui voit le tissu endométrial sortir de la cavité utérine pour envahir d’autres emplacements : trompes de Fallope, ovaires, ligaments du bassin, vessie, intestins, etc.

Dans les cas les plus graves, de grandes plaques de tissu endométrial se forment et se remplissent de sang. Ce sont des endométriomes, également connus sous le nom de kystes chocolat ou kystes goudron à cause de leur couleur.

Environ 40% des femmes atteintes d’endométriose souffrent d’infertilité. Les endométriomes peuvent se loger sur l’ovaire et détruire une grande partie de la réserve ovarienne. Ils affectent aussi la perméabilité tubaire et la réceptivité de l’endomètre.

L’endométriose sévère ou de stade 4 peut constituer un véritable calvaire pour les femmes qui en souffrent, car les douleurs intenses les empêchent de mener une vie normale. Le seul traitement pour empêcher la prolifération de plaques endométriales sont les moyens de contraception hormonale et ceux-ci ne sont bien sûr pas compatibles avec la grossesse.

C’est pourquoi de nombreux spécialistes se voient dans l’obligation d’avertir les femmes à des stades élevés d’endométriose qu’essayer d’avoir un enfant peut supposer un risque pour leur santé, car les lésions de l’endométriose peuvent s’accroître d’une façon incontrôlée.

Adénomyose

L’adénomyose est un type d’endométriose interne. Le tissu endométrial envahit la couche musculaire de l’utérus, c’est-à-dire le myomètre.

Les symptômes caractéristiques de l’adénomyose sont des règles abondantes (ménorragie), une métrorragie, des douleurs au niveau de la zone lombaire et des douleurs lors des rapports sexuels.

De plus, ce type d’endométriose peut déboucher sur des problèmes d’infertilité à cause des échecs de nidation et de l’augmentation des taux de fausse-couche.

Les femmes qui souffrent d’adénomyose peuvent avoir besoin d’un traitement de procréation médicalement assistée pour pouvoir avoir un enfant, mais dans les cas les plus sévères, la solution qui s’impose peut être l’hystérectomie ou ablation de l’utérus.

Synéchies utérines

Les synéchies ou adhérences intra-utérines sont des cicatrices qui se forment dans la cavité de l’utérus et perturbent sa structure et son fonctionnement.

Cette pathologie utérine endocavitaire est connue comme le syndrome d’Asherman et a de graves conséquences sur la fertilité de la femme.

Les adhérences à l’intérieur de l’utérus altèrent l’endomètre. Par conséquent, les embryons ont des difficultés pour s’accrocher. De plus, en cas de grossesse, le peu d’espace laissé par les cicatrices de l’intérieur de l’utérus peut provoquer des complications et un risque d’avortement spontané.

La chirurgie est la meilleure solution pour éliminer les synéchies intra-utérines.

Les causes du syndrome d’Asherman sont généralement des lésions de l’endomètre provoquées par des interventions chirurgicales dans l’utérus : curetage, césarienne, myomectomie, etc.

Il existe un type de synéchies incurable car la croissance endométriale n’a pas lieu et, par conséquent, la femme n’a pas la possibilité de tomber enceinte.

Vous pouvez en lire plus sur ce thème dans l’article suivant : Que sont les synéchies utérines ou syndrome d’Asherman ?

Tomber enceinte malgré un problème utérin

Le traitement indiqué pour arriver à une grossesse et à la naissance d’un enfant en bonne santé va dépendre de chaque type de pathologie utérine.

Dans le meilleur des cas, une chirurgie utérine simple comme l’hystéroscopie opératoire peut supprimer la cause de la stérilité et permettre la grossesse. Par exemple, ce serait le traitement le plus adéquat en cas de malformation telle que l’utérus cloisonné ou la myomatose utérine.

D’autre part, les traitements de PMA comme la FIV (fécondation in vitro) ou la FIV avec don d’ovocytes qui ont également permis à beaucoup de femmes de devenir mères malgré une maladie utérine.

Enfin, en cas de grave pathologie de l’utérus où la grossesse est contre-indiquée ou en cas d’absence d’utérus, le traitement approprié va être la gestation pour autrui (GPA).

La gestation pour autrui ou grossesse de substitution est une pratique actuellement illégale en France. Ainsi, les personnes qui ont besoin d’y recourir pour avoir un enfant vont devoir se rendre dans un autre pays où cette méthode est régularisée comme, par exemple, les États-Unis, le Canada, l’Ukraine, la Russie ou la Grèce.

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Vos questions fréquentes (FAQ)

Quelles sont les pathologies de l’utérus qui perturbent le développement fœtal ?

Toutes les anomalies qui entraînent une déformation de l’intérieur de l’utérus et en réduisent l’espace sont susceptibles d’avoir un impact sur la croissance du bébé. C’est le cas de l’utérus unicorne, de l’utérus didelphe, des fibromes sous-muqueux, des synéchies utérines, etc. Pour cette raison, les principales conséquences de ces pathologies vont être des fausses-couches à répétition et des accouchements prématurés.

Quelles maladies du col de l’utérus peuvent aboutir à des problèmes de fertilité et des complications de la grossesse ?

De même que pour le corps de l’utérus, des altérations congénitales sont possibles, comme l’hypoplasie du col de l’utérus.

D’autres maladies peuvent survenir comme les tumeurs (fibromes et polypes), le cancer causé par le virus du papillome humain (VPH) ou la cervicite (inflammation du col de l’utérus).

Enfin, une anomalie liée aux fausses-couches répétées au deuxième trimestre de la grossesse est l’insuffisance cervicale (parfois désignée comme incompétence cervicale). Le muscle cervical n’est pas capable de se maintenir fermé, ce qui compromet la grossesse.

Quelles sont les maladies infectieuses de l’utérus ?

Les maladies infectieuses de l’utérus sont causées par des micro-organismes et provoquent une inflammation systémique de l’endomètre, par exemple, l’endométrite causée par les chlamydies (Chlamydia), les mycoplasmes, les gonocoques (gonorrhée ou blennoragie) et les streptocoques.

La rédaction vous recommande

En plus des problèmes utérins, d’autres maladies peuvent conduire une femme à solliciter un traitement de gestation pour autrui pour devenir maman. Vous pouvez en lire plus sur ce thème dans l’article suivant : Maladies qui empêchent la grossesse.

La loi française ne permet pas le recours à la GPA sur son territoire. Cependant, ce n’est pas le cas de tous les pays du monde. Vous pouvez vous en faire une idée en consultant le lien suivant : Situation internationale de la GPA.

Les Français qui souhaiteraient bénéficier de l’aide d’une mère porteuse auront donc le choix entre différentes destinations. Pour en savoir plus, cliquez ici : Quels sont les meilleurs pays de GPA pour les Français ?

2 commentaires

  1. avatar
    tulipe85

    J’ai une endométriose et on m’a retiré un kyste ovarien il y a 3 mois pour pouvoir tomber enceinte. Je suis donc en essai bébé avec mon ami mais je m’inquiète quand même. Est-ce qu’il y a des risques pour le bébé à cause de l’endométriose? Merci d’avance.

    • avatar
      Isabelle GuttonSpécialiste en gestation pour autrui

      Bonjour tulipe85,

      L’endométriose n’a en principe aucun effet négatif pour le bébé. D’ailleurs, les hormones sécrétées pendant la grossesse ne favorisent pas la maladie. Au contraire, elles agissent comme une protection. Par contre, en dehors de la période de la gestation, vous aurez probablement un traitement hormonal pour contrôler l’évolution de l’endométriose.

      Bonne chance pour vos essais bébé.

      Au revoir.

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