Sélection du meilleur embryon

Lors d’un processus de gestation pour autrui, la technique de procréation que l’on réalise pour obtenir les embryons qui seront postérieurement transférés à la mère porteuse est la fécondation in vitro (FIV), que ce soit par la méthode traditionnelle ou la plus innovante technique de l’ICSI.

Pour augmenter les probabilités de succès du traitement, on stimule le cycle ovarien de la femme, que ce soit la future mère ou la donneuse anonyme, afin d’obtenir le plus grand nombre d’ovocytes possible.

Après la récupération des ovocytes matures par ponction folliculaire, ceux-ci sont fécondés avec le sperme d’un donneur ou celui du père d’intention et ils sont maintenus dans la couveuse jusqu’au moment du transfert.

Nombre d’embryons à transférer

Au cours du processus de gestation pour autrui, le nombre d’embryons à transférer est une décision qui est prise entre la mère porteuse et les parents d’intention en comptant toujours sur l’information appropriée sur les risques et bénéfices et en veillant à respecter les recommandations du médecin.

En général, on transfère entre un et trois embryons pour assurer une probabilité élevée de grossesse mais sans multiplier pour autant les chances de grossesse gémellaire, qui pourrait supposer un risque pour la mère porteuse.

Ainsi, on doit sélectionner un, deux ou trois des embryons viables obtenus suite à la fécondation, et ce, conformément à la décision prise selon leurs caractéristiques, qualité et potentiel de développement.

Qualité embryonnaire

Pour sélectionner l’embryon de meilleure qualité et avec le plus de potentiel d’implantation après le transfert, on analyse un ensemble de caractéristiques de ces embryons selon le jour où est réalisé le transfert :

Sélection à J1

24h après la fécondation, on analyse la présence des deux pronucléus (PN), le féminin et le masculin, et des deux corpuscules polaires (CP), qui indiquent que l’embryon a été fécondé correctement.

Tous les embryons qui présentent une altération au niveau du nombre de PN ou CP sont exclus du transfert puisqu’il s’agit d’embryons non viables issus d’une fécondation anormale ou d’une erreur de la fécondation.

Sélection à J2 et J3

Au cours du 2ème et 3ème jour de développement de l’embryon, le nombre de cellules double. Ainsi, à J2 on peut détecter 4 cellules ou blastomères, et à J3 environ 8 cellules. C’est à ce moment-là qu’on analyse les caractéristiques suivantes pour établir la viabilité de l’embryon :

  • Symétrie des blastomères : les cellules doivent avoir plus ou moins la même taille.
  • Un noyau par cellule : la présence de plus d’un noyau peut entraîner des erreurs de division.
  • Fragmentation : on étudie le nombre de fragments et leur distribution à l’intérieur de l’embryon.
  • Grosseur et aspect de la zone pellucide.

Sélection à J4

Vers la fin du 3ème jour ou le début du 4ème jour de développement, selon le rythme de division, l’embryon débute ce qu’on appelle la compaction, qui le mènera vers le stade de morula.

Ce stade de développement ne permet pas l’observation de traits concrets mais on peut toutefois deviner si l’embryon est de bonne ou de mauvaise qualité selon le degré de compaction.

Sélection du blastocyste

À partir du 5ème jour de développement, l’embryon se développe, commence à former une cavité liquide à l’intérieur de ce qu’on appelle le blastocèle, et à différencier ses cellules en cellules de la masse interne ou cellules du trophectoderme.

À ce moment-là, l’embryon acquiert le nom de blastocyste et il est sélectionné en se basant sur :

  • Degré de développement
  • Aspect de la masse celullaire interne (MCI) : nombre de cellules, compaction, situation, etc.
  • Aspect des cellules du trophectoderme : nombre, situation, forme, etc.

C’est selon ces critères qu’on détermine si un embryon est de bonne ou de mauvaise qualité. Les embryons de meilleure qualité seront les premiers à être sélectionnés pour le transfert, et les embryons viables restants seront cryopréservés pour leur utilisation lors de cycles postérieurs.

Le transfert est habituellement réalisé les jours 2-3 ou 5-6, selon les caractéristiques indiquées qui déterminent la qualité de l’embryon et du rythme de division.

2 commentaires

  1. avatar
    nathalie45758

    A-t-on les mêmes probabilités de succès avec des embryons congelés qu’avec des frais ? Merci.

  2. avatar
    Emna MzahSpécialiste en gestation pour autrui

    Bonjour nathalie45758,

    La congélation ou vitrification des embryons permet de maintenir des taux de survie très élevés puisque le dommage qui peut être causé à l’embryon est très faible. Toutefois, il faut garder à l’esprit que toute manipulation de l’embryon peut provoquer des altérations au niveau de sa qualité et faire diminuer ses chances d’implantation.

    Je vous laisse le lien suivant vers notre article sur la vitrification des embryons pour que vous puissiez disposer de toutes les informations sur ce sujet.

Les cookies nous permettent de vous offrir des publicités personnalisées et de recueillir des données statistiques. Si vous continuez à naviguer, nous considérons que vous acceptez notre politique de cookies.