Les Français de plus en plus favorables à la légalisation de la GPA

Les enquêtes d’opinion concernant la légalisation de la gestation pour autrui en France montrent que la société accepte de plus en plus de considérer la GPA comme une option légitime pour avoir un enfant.

Les derniers sondages réalisés par l’Institut français d’opinion publique (Ifop) montrent une évolution toujours plus favorable à cette technique de PMA qui implique la participation d’une mère porteuse.

Le dernier sondage Ifop

Un sondage réalisé par l’Ifop pour le compte du quotidien La Croix et du Forum européen de Bioéthique apporte de nouvelles données concernant l’acceptation majoritaire de la GPA par la population française.

Effectuée du 8 au 11 décembre 2017 auprès d’un échantillon représentatif de 1010 personnes, l’enquête s’intéresse de façon globale aux rapports des Français avec les questions de bioéthique. Elle aborde des thèmes très divers : la PMA et la GPA, mais aussi le don de gamètes, la modification génétique des embryons, le stockage informatique de données médicales, l’euthanasie et le suicide assisté.

En ce qui concerne la gestation pour autrui, 64% des Français se sont déclarés favorables à l’autorisation en France du recours à une mère porteuse.

Encore faut-il voir pour qui et comment. Parmi ces 64% globalement favorables :

  • 18% se disent favorables à la GPA dans toutes les situations
  • 46% acceptent le recours à une mère porteuse uniquement pour des raisons médicales

On remarquera que la plupart des Français ont une vision très proche de la pratique actuelle de l’assistance médicale à la procréation (AMP) en France.

Ils associent cette méthode de procréation médicalement assistée à une solution face à une situation d’infertilité.

Une évolution à la hausse

Ce dernier sondage confirme une tendance qui s’était déjà amorcée au cours des dernières années.

Un sondage d’octobre 2014 réalisé pour le compte de La Manif pour Tous auprès d’un échantillon de 958 personnes révélait le chiffre de seulement 44% de Français favorables.

En août 2016, une nouvelle enquête effectuée à la demande de l’association ADFH (Association des Familles Homoparentales) auprès de 2274 personnes donnait les résultats suivants :

  • 57% des Français se montraient favorables à une légalisation encadrée de la GPA destinée à des couples d’hétérosexuels
  • 44% étaient favorables à la GPA pour les couples d’homosexuels

Par ailleurs, dans ce même sondage, 64% souhaitaient que les enfants nés par GPA à l’étranger jouissent des mêmes droits que les autres enfants nés à l’étranger de parents français et 66% des personnes interrogées déclaraient avoir une bonne image d’une femme qui accepterait d’être mère porteuse.

Quelques mois seulement avant le sondage qui nous intéressait plus haut, un autre sondage Ifop réalisé cette fois pour My-Pharma.info entre le 20 et le 21 septembre 2017 reprenait cette distinction. Les résultats établissaient un distinguo entre les éventuels bénéficiaires du recours à une mère porteuse :

  • 61% des Français se disaient favorables à la GPA pour des couples hétérosexuels
  • 48% se déclaraient d’accord avec la GPA pour les couples homosexuels

On remarque donc une augmentation positive de l’opinion publique, tant en ce qui concerne les familles traditionnelles qu’en ce qui concerne les familles homoparentales.

La rédaction vous recommande

Le débat sur la GPA en France existe depuis plusieurs années mais a connu une accélération importante au cours de la dernière décennie. Le thème a notamment été abordé dans le cadre des discussions concernant l’ouverture de la PMA. En effet, même s’il s’agit de débats différents, les deux thèmes sont liés et sont souvent associés par la presse. Pour connaître quelques éléments du débat en France, vous pouvez suivre le lien suivant : Débat autour des mères porteuses.

Bien souvent, lorsqu’il ne s’agit pas d’une question religieuse ou morale, la gestation pour autrui fait peur à cause de la crainte des abus qu’elle peut engendrer. C’est pour cela qu’il est nécessaire et urgent de réfléchir à la possibilité d’une GPA éthique, respectueuse des droits de l’homme. Nous vous invitons à lire à ce sujet l’article suivant : Une pratique éthique de la GPA est-elle possible ?

En attendant une possible réforme de la législation, le recours à une mère porteuse demeure interdit dans l’hexagone, pouvant conduire à des sanctions lourdes. Vous pouvez prendre connaissance de la situation légale et pénale de la GPA en France en consultant à ce sujet l’article : GPA en France : législation, sanctions et débat

Un commentaire

  1. avatar
    tortil97

    C’est drôle, ces résultats. 64%, c’est énorme. c’est pas du tout l’impression qu’on a quand on écoute les médias.

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