Que sont les synéchies utérines ou syndrome d’Asherman?

Le syndrome d’Asherman est une maladie de l’utérus caractérisée par la formation de cicatrices à l’intérieur de la cavité utérine, appelées adhérences intra-utérines (AIU) ou synéchies utérines.

Le tissu cicatriciel qui se trouve sur les parois de l’utérus provoque un rétrécissement de l’intérieur de l’utérus, en plus d’un endomètre de qualité amoindrie, ce qui est source d’infertilité féminine.

Le traitement du syndrome d’Asherman consiste à retirer le tissu cicatriciel qui provoque les adhérences par une intervention chirurgicale. Pourtant, dans les cas les plus graves, une infertilité permanente peut se produire. Dans ce cas, la femme devra recourir à la gestation pour autrui si elle désire avoir un enfant biologique.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Typologie

Le syndrome d’Asherman peut se produire chez toute femme passée par une intervention chirurgicale de l’intérieur de l’utérus.

Environ 6 à 30 % des femmes qui ont réalisé un curetage après une fausse-couche et environ 25% des femmes qui réalisent un curetage après l’accouchement sont susceptibles d’en souffrir.

Étant donné qu’elles touchent les femmes en âge de procréer, en compliquant leur aptitude à porter un enfant, les synéchies utérines se considèrent comme une maladie grave.

Malgré cela, c’est l’étendue des adhérences intra-utérines et leur localisation qui va déterminer le degré de sévérité de cette pathologie :

Léger
adhérences endométriales fines qui produisent une occlusion de la cavité utérine, partielle ou totale.
Modéré
adhérences fibro-musculaires épaisses recouvertes de tissu endométrial qui produisent une occlusion partielle ou totale de la cavité utérine.
Sévère
adhérences du tissu conjonctif non recouvert par l’endomètre qui produisent une occlusion partielle ou totale de la cavité utérine.

Dans la forme la plus sévère du syndrome d’Asherman, les parois de l’utérus peuvent adhérer et se coller entre elles, ce qui entraîne l’occlusion de la cavité entière.

Ainsi, la nidation et le développement d’un embryon dans l’endomètre n’est pas possible. De plus, la perméabilité des trompes de Fallope est généralement touchée.

Causes des synéchies utérines

Les synéchies ou adhérences utérines se produisent le plus souvent après un traumatisme de l’endomètre et sa cicatrisation postérieure.

L’endomètre est la couche interne de l’utérus, qui prolifère à chaque cycle menstruel pour finalement être évacuée par la menstruation.

Les lésions de l’endomètre se produisent généralement à cause d’une intervention chirurgicale au niveau de l’utérus, même s’il peut y avoir d’autres causes. Nous vous les commentons ci-dessous :

  • Curetage à la suite d’une fausse-couche
  • Impossibilité d’expulser le placenta après l’accouchement
  • Hémorragie post-partum
  • Césarienne
  • Ablation de fibromes ou polypes endométriaux
  • Myomectomie par hystéroscopie opératoire
  • Infection pelvienne sévère
  • Mise en place d’un DIU (dispositif intra-utérin)
  • Tuberculose génitale et schistosomiase (aussi connue comme bilharziose).

De manière générale, toutes les procédures qui requièrent une dilatation et un curetage sont les causes les plus fréquentes de la formation d’adhérences intra-utérines.

Il est également important de souligner que le risque de développer le syndrome d’Asherman augmente avec le nombre de curetages réalisés à une femme.

Symptômes

Le symptôme le plus fréquent que révèle l’existence de synéchies utérines est l’irrégularité de la menstruation, même si le syndrome d’Asherman est parfois asymptomatique. Certaines femmes n’observent aucun changement de leur saignement.

Nous vous expliquons ci-après les symptômes les plus courants associés à cette maladie :

  • Règles irrégulières, pertes plus marron que rouges ou absence de règles (aménorrhée)
  • Douleur intense au moment des règles à causes de caillots de sang qui ne peuvent pas être évacués
  • Endométriose
  • Fausses-couches à répétition
  • Infertilité
  • Dans les cas les plus sévères, un saignement vaginal est possible

Il faut observer que ces symptômes ne sont pas exclusifs du syndrome d’Asherman. Ils peuvent se produire pour des raisons toutes différentes, d’où l’importance de réaliser un diagnostic adapté pour pouvoir en déterminer la cause correcte.

En revanche, si les symptômes apparaissent de manière soudaine après un curetage ou une chirurgie utérine, le plus probable est qu’il s’agisse effectivement de synéchies utérines.

L’infertilité est une conséquence du syndrome d’Asherman car l’embryon est incapable de s’accrocher à un endomètre en mauvais état ou, en cas de nidation, le manque de place dans l’utérus empêche la bonne évolution de la grossesse.

Diagnostic

En cas de soupçon d’un possible cas de syndrome d’Asherman, à cause de règles peu abondantes ou de règles douloureuses après dilatation et curetage (DC), il sera indispensable de consulter le gynécologue et de réaliser quelques examens diagnostiques.

Les tests de routine comme l’examen pelvien ou l’échographie vaginale ne sont pas suffisants pour révéler l’existence de synéchies utérines.

Cependant, l’échographie permet de mesurer l’épaisseur de l’endomètre et/ou d’identifier de possibles causes d’infertilité.

Il est important, pour commencer, d’écarter d’autres pathologies susceptibles de causer des menstruations irrégulières afin d’éviter des examens plus complexes et invasifs, comme ceux que nous allons expliquer ci-après :

Hystérosalpingographie
il s’agit d’une radiographie utérine avec injection d’un produit de contraste radio-opaque qui permet d’observer la structure de l’utérus et des trompes de Fallope. Il sera possible de voir si les parois de l’utérus sont collées et/ou s’il y a obstruction tubaire.
Hystérosonographie
il s’agit d’une échographie avec introduction d’une solution saline dans le col de l’utérus. Comme dans le cas précédent, il sera possible d’observer les espaces où le liquide ne circule pas librement.
Hystéroscopie
c’est la plus fiable des méthodes diagnostiques pour détecter les adhérences intra-utérines, car elle permet la visualisation directe de la cavité de l’utérus grâce à l’introduction d’un endoscope par le col de l’utérus.

Traitement des synéchies utérines

L’ablation des adhérences intra-utérines doit être réalisée par chirurgie. Il et d’ailleurs possible de le faire au cours de l’hystéroscopie diagnostique.

Lorsque les synéchies peuvent être localisée à l’intérieur de l’utérus, de petits instruments chirurgicaux peuvent être introduits pour éliminer les tissus cicatriciels et les cautériser. Il sera aussi possible de séparer les parois utérines.

Après le traitement, les adhérences peuvent reparaître, en particulier dans les cas les plus graves. Dans le but d’éviter cette circonstance, on va prescrire à la patiente des suppléments d’œstrogènes qui favorisent la guérison de l’utérus en respectant la croissance normale de l’endomètre.

À l’étape initiale de la guérison, il est aussi possible d’insérer une sonde intra-utérine ou ballonnet pour éviter que les parois de l’utérus recommencent à adhérer entre elles.

Enfin, il es envisageable de réaliser des hystéroscopies périodiques après l’opération principale pour éliminer les adhérences qui pourraient se reformer.

Dans tous les cas, l’objectif du traitement est de recouvrer un utérus exempt d’adhérences et donc de récupérer la fertilité perdue.

Syndrome d’Asherman et GPA

Il existe une variante très grave du syndrome d’Asherman, parfois appelée Asherman incurable ou sclérose de l’endomètre.

La sclérose endométriale apparaîtra plus probablement après une chirurgie comme la myomectomie qu’après un curetage.

Dans ce cas, toute la couche basale de l’endomètre a été endommagée : il n’y a aucune régénération de l’endomètre et, par conséquent, la grossesse ne sera pas possible. Il peut aussi y avoir des adhérences utérines, mais sans saignement menstruel.

Dans ces cas, la seule façon de réussir à avoir un enfant est l’adoption ou la gestation pour autrui (GPA). Cette dernière méthode permet qu’une femme, la mère porteuse ou gestatrice, porte l’enfant de la femme atteinte du syndrome d’Asherman et de son conjoint (les parents d’intention).

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Vos questions fréquentes (FAQ)

Les synéchies utérines et la grossesse sont-elles compatibles ?

La grossesse est effectivement possible chez les femmes atteintes du syndrome d’Asherman. Cependant, la présence d’adhérences intra-utérines et le manque d’espace dans l’utérus compromettent le bon déroulement de la gestation. Le risque de fausse-couche est très élevé.

De plus, une grossesse avec des adhérences ou même après le traitement présente un risque accru de souffrir de problèmes au niveau du placenta (placenta praevia et placenta accreta) ou une incompétence cervico-isthmique (autrement dit, une béance du col de l’utérus).

Est-ce possible de faire une FIV en cas de syndrome d’Asherman ?

La femme ne devrait en aucun cas tomber enceinte en présence d’adhérences intra-utérines, en raison des multiples risques pour la mère et l’enfant. Il est absolument nécessaire de retirer les adhérences par chirurgie avant de penser à une grossesse.

Après le traitement du syndrome d’Asherman, il est possible que la femme ait besoin d’une aide médicale à la procréation si l’endomètre ne se développe pas correctement. Dans ce cas, un traitement de fécondation in vitro (FIV) pourrait éventuellement être possible.

Existe-t-il un traitement naturel pour soigner les adhérences intra-utérines ?

Non. La seule façon de retirer les synéchies sera une intervention chirurgicale comme, par exemple, l’hystéroscopie opératoire.

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