Procréer pour autrui: quels sont les différents types de GPA?

La gestation pour autrui (GPA) est une technique de reproduction par laquelle une femme décide d’utiliser sa capacité à concevoir afin d’aider des personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfants. La GPA traditionnelle s’utilise depuis des siècles, et elle a été remplacée petit à petit par la gestation pour autrui totale, également appelée complète.

Dans les deux cas, le processus peut être purement altruiste ou moyennant compensation financière.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Les différents types de gestation pour autrui

L’infertilité est la principale raison pour laquelle un couple hétérosexuel est amené à recourir à la gestation pour autrui, et concrètement pour obtenir une grossesse.

D’autre part, dans le cas des couples gays ou hommes célibataires, c’est l’absence de partenaire féminine qui les poussent à recourir à la gestation pour autrui pour avoir un enfant biologique.

La GPA peut se distinguer par la technique de grossesse utilisée et les liens du bébé et de la mère porteuse:

GPA traditionnelle ou partielle
la grossesse s’obtient par insémination artificielle, la mère porteuse apporte ses propres ovocytes et est ainsi techniquement la mère biologique de l’enfant.
GPA complète ou totale
également appelée par mère porteuse gestationnelle, la grossesse se fait par fécondation in vitro, et dans ce cas la gestatrice n’a aucun lien biologique avec le bébé, puisque les gamètes proviennent des parents d’intention ou de donneurs.

GPA traditionnelle

Aussi appelée GPA partielle, la GPA traditionnelle fut la première à exister. C’est pour cette raison qu’on la connaît comme traditionnelle, bien qu’elle s’utilise de moins en moins.

Elle consiste à réaliser une insémination artificielle à la gestatrice, qui en plus de porter le bébé, va apporter son ovocyte. Le bébé et la gestatrice partagent un lien génétique, c’est à dire qu’elle est aussi la mère biologique du bébé.

La technique utilisée dans ce procédé est simple, on réalise une légère stimulation ovarienne pour contrôler le cycle menstruel et ainsi le moment de l’ovulation, au cours duquel le sperme du futur père sera déposé dans l’utérus de la mère porteuse.

Bien que cette technique s’employait auparavant principalement pour sa simplicité, elle est de moins en moins utilisée aujourd’hui du fait qu’elle crée un lien entre le bébé et la gestatrice. D’un point de vue éthique et légal, elle crée des problèmes dans le cas où la femme éprouverait des regrets et ne veuille plus renoncer au bébé.

GPA complète

Également appelée GPA totale, et bien que plus complexe à réaliser d’un point de vue technique, la GPA complète est actuellement la technique la plus courante.

Dans ce cas-là la gestatrice n’apporte pas d’ovocyte, elle se charge seulement de la gestation du bébé. Le processus de stimulation ovarienne et l’obtention d’ovocytes est appliqué sur la mère d’intention ou sur la donneuse d’ovocytes ( une tierce personne), qui ne sera en aucun cas la gestatrice.

Les ovocytes sont fécondés en laboratoire par les spermatozoïdes du père d’intention ou du donneur, par fécondation in vitro traditionnelle ou par ICSI, et les embryons sont transférés dans l’utérus de la gestatrice.

Il s’agit techniquement du même procédé qu’une FIV, la différence étant que le transfert embryonnaire est réalisé sur la gestatrice et pas sur la mère d’intention. Avec ce type de GPA, la gestatrice n’a aucun lien génétique avec le bébé.

Procréer pour autrui a-t-il un prix?

Par ailleurs, on peut diviser la GPA en deux autres catégories, en tenant en compte si la gestatrice perçoit une compensation financière ou si au contraire elle agit de manière purement altruiste.

GPA pour autrui altruiste
la gestatrice ne perçoit aucune quantité monétaire en échange du processus de gestation, bien que les frais associés à la grossesse soient pris en charge, comme les vêtements de grossesse, l’alimentation spécifique, l’attention psychologique, etc.
GPA avec compensation économique
la gestatrice perçoit une quantité monétaire pour les désagréments physiques et émotionnels que suppose la grossesse, en plus des frais occasionnés.

Il est important de savoir qu’en France aucun des deux types de gestation pour autrui n’est autorisé. C’est pourquoi les citoyens français doivent se rendre dans les pays qui autorisent la gestation pour autrui. Le processus se réalise à l’étranger et les futurs parents suivent la grossesse à distance, pour finalement assister à l’accouchement et réaliser toutes les démarches administratives avant de rentrer dans leur pays d’origine avec leur bébé.

Vous pourrez trouver plus d’informations sur le sujet dans notre article: Les destinations de GPA pour les Français

Gestation pour autrui altruiste

Dans cette forme de gestation pour autrui, la gestatrice ne perçoit aucune compensation économique pour les désagréments occasionnés par la grossesse.

Cependant, les parents intentionnels devront assumer les frais légaux et médicaux en plus des frais propres à la grossesse et au bien-être de la mère porteuse pendant toute la durée du processus, comme les vêtements de grossesse, l’alimentation spécifique,etc.

Il n’est pas toujours facile de trouver une personne disposée à passer par une grossesse sans rien recevoir en échange. La grossesse est un état qui entraîne des changements dans l’organisme qui peuvent parfois être gênants, ou s’accompagner de problèmes plus graves. En revanche, il est plus commun qu’une femme se propose pour porter l’enfant d’un membre de sa famille ou d’un ami proche.

Gestation pour autrui rémunérée

Dans ce cas de figure, la mère porteuse reçoit une rétribution économique pour compenser l’effort physique et émotionnel que suppose la grossesse. Cette étape suppose un grand effort pour la femme, puisqu’elle doit contrôler son alimentation et sacrifier dans une certaine mesure sa vie professionnelle à la fin de la grossesse.

Par conséquent, cela n’est pas considéré comme un salaire pour la grossesse mais bien comme une rétribution économique pour le temps employé, les possibles désagréments et gênes occasionnées par celle-ci et les risques que la mère porteuse encourt. Cette compensation économique est généralement encadrée et régulée par la loi de gestation pour autrui dans les pays qui l’autorisent.

L’objectif principal de cette compensation économique à la mère porteuse est d’éviter la marchandisation de la femme et le commerce des ventres à louer. La quantité perçue ne devrait pas être la raison qui pousse les gestatrices à réaliser une GPA, mais bien la solidarité et le désir d’aider les autres.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Quels sont les types de ventres à louer?

D’un côté, nous retrouvons la GPA traditionnelle, où la gestatrice est techniquement la mère biologique du bébé car elle apporte ses ovocytes, et d’un autre côté, la GPA complète ou gestationnelle, où le transfert des embryons est effectué par les ovocytes de la mère d’intention ou d’une donneuse.

Il est également important de souligner qu’au niveau du tarif, il existe aussi deux types de GPA, la gestation pour autrui altruiste et la gestation pour autrui rémunérée.

Pourquoi la GPA traditionnelle ou partielle n’est-elle pas recommandée?

La GPA est un processus complexe, particulièrement du point de vue émotionnel, et pas seulement pour les futurs parents mais surtout vis-à-vis du ressenti et des émotions de la femme qui va vivre la grossesse.

La grossesse est un état physiologique où les hormones jouent un rôle très important. Dans le cas de la mère porteuse, elle doit porter un bébé qui n’est pas le sien mais bien l’enfant d’une autre personne ou d’un autre couple.

C’est pour cela qu’il est important de réduire au maximum l’implication émotionnelle de la gestatrice, et ainsi réduire le sentiment de culpabilité ou de détresse qu’elle pourrait subir.

Beaucoup de pays autorisant la GPA décident donc d’interdire que la propre mère porteuse puisse apporter les gènes du futur bébé.

La gestation pour autrui traditionnelle est-elle la plus courante?

Non, la majorité des pays ne l’autorisent plus. La raison principale est le lien génétique entre la gestatrice et le bébé. Comme elle est la mère biologique de l’enfant, le CCNE (Conseil National d’Éthique) considère qu’elle peut vouloir garder le bébé.

Où peut-on faire une gestation pour autrui altruiste?

Au jour d’aujourd’hui, au Canada, la GPA est complètement altruiste. La loi canadienne interdit de rémunérer la gestatrice pour obtenir la grossesse, simplement de couvrir les frais dérivés de la grossesse et d’établir une limite maximum à rembourser.

Pour en savoir plus sur la législation de GPA altruiste au Canada, nous vous recommandons la lecture de cet article Trouver une mère porteuse au Canada, loi et prix.

La rédaction vous recommande

Si vous cherchez des informations sur le tarif de la GPA, nous vous recommandons de lire notre article: Les frais du recours à une mère porteuse.

Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, la GPA n’est pas autorisée dans tous les pays. Afin de vous faciliter les démarches, vous trouverez des informations légales ici: Différents pays où les mères porteuses sont légales.

Quant à la question de rétribuer ou non la mère porteuse, voici un article qui pourrait vous être utile: Rémunération de la mère porteuse.

Un commentaire

  1. avatar
    Marlène. S

    J’ai justement eu recours à la gestation pour autrui à l’époque ou j’habitais aux USA et j’ai voulu que la mère porteuse soit aussi la donneuse d’ovocytes mais ça m’a été refusé. Je ne sais pas comment ça se serait passé si elle avait été la mère biologique de ma fille mais en tout cas nous n’avons eu aucun problème après son accouchement et aujourd’hui encore je lui suis très reconnaissante de nous avoir permis d’avoir un enfant !